Le plafond salarial de la Ligue nationale de hockey est fixé à 104 millions $ pour la saison 2026-2027. Pourtant, six équipes apparaissent actuellement au-dessus de cette limite dans les projections de PuckPedia : les Maple Leafs de Toronto, les Panthers de la Floride, les Flyers de Philadelphie, les Ducks d’Anaheim, les Blue Jackets de Columbus et les Golden Knights de Vegas.
Mais attention : être projeté au-dessus du plafond ne signifie pas nécessairement qu’une équipe est en infraction. Le mécanisme de la liste des blessés à long terme (LTIR) permet aux formations admissibles de dépasser la limite salariale dans certaines circonstances.
Et les six situations sont loin d’être identiques.
Vegas : le cas Pietrangelo

Les Golden Knights présentent le dépassement le plus important, avec une masse projetée de 112,82 millions $, soit 8,82 millions $ au-dessus du plafond.
La raison est relativement simple : Alex Pietrangelo compte pour 8,8 millions $ sur la masse salariale et est attendu sur la LTIR pour la saison. PuckPedia estime que Vegas peut ainsi dépasser le plafond de la quasi-totalité de cette somme.
Le calcul est même particulièrement précis : les Golden Knights sont projetés à 8 823 955 $ au-dessus de la limite, tandis que leur plafond LTIR leur permet d’aller jusqu’à 8 823 958 $. L’écart n’est que de 3 $.
Vegas n’est donc pas simplement en train de « dépasser » le plafond : la formation est construite en fonction de la LTIR de Pietrangelo.
Toronto : Domi et maintenant Merzlikins

Les Maple Leafs affichent une masse projetée de 108,69 millions $, soit 4,69 millions $ au-dessus de la limite.
Le principal élément de leur situation est Max Domi, dont le contrat représente 3,75 millions $. Il est admissible à la LTIR. William Villeneuve, avec un impact salarial beaucoup plus faible, peut également être placé sur la LTIR de début de saison. PuckPedia estime que Toronto peut ainsi dépasser le plafond d’environ 3,82 millions $.
Et la transaction de lundi avec Columbus a ajouté une nouvelle dimension à cette situation.
Toronto a acquis Kirill Marchenko, Miles Wood et le gardien Elvis Merzlikins en échange de Matthew Knies, Steven Lorentz, Emil Andrae et d’un choix de deuxième tour en 2027. Columbus conserve toutefois 18 % du salaire de Merzlikins, ce qui ramène l’impact du gardien à 4,428 millions $ pour Toronto.
PuckPedia indique maintenant que Merzlikins est lui-même identifié LTIR chez les Maple Leafs.
Toronto doit donc jongler avec une masse très élevée, mais dispose de mécanismes de LTIR pour composer avec cette situation.
Floride : Gadjovich et Marchand

Les Panthers sont projetés à 104,87 millions $, soit environ 871 000 $ au-dessus du plafond.
Dans leur cas, Jonah Gadjovich, dont le contrat est de 905 000 $, constitue le candidat LTIR le plus évident. PuckPedia identifie également Brad Marchand, dont le contrat compte pour 5,25 millions $, comme un autre candidat.
L’utilisation de Gadjovich permettrait déjà aux Panthers de résoudre leur problème initial de plafond. Si Marchand devait également être placé sur la LTIR, la Floride disposerait d’une marge supplémentaire importante pour les rappels et les mouvements de personnel.
Philadelphie : le plus petit dépassement
Les Flyers sont projetés à 104,66 millions $, soit environ 662 000 $ au-dessus du plafond.
Leur cas mérite toutefois davantage de prudence. PuckPedia les classe parmi les équipes au-dessus de la limite dans sa projection actuelle, mais son analyse de la LTIR ne les identifiait pas parmi les formations certaines de devoir utiliser ce mécanisme pour commencer la saison.
Le dépassement affiché est donc à distinguer des situations beaucoup plus clairement documentées de Vegas, Toronto ou de la Floride.
Anaheim : un portrait qui a changé rapidement
Les Ducks apparaissent à 104,45 millions $ dans le tableau comparatif de PuckPedia, soit 453 000 $ au-dessus de la limite.
Mais la fiche individuelle actuelle d’Anaheim affiche maintenant une masse projetée de 103,81 millions $, avec 185 061 $ d’espace disponible. Le club n’a donc plus besoin de la LTIR pour dépasser le plafond dans cette projection actualisée.
Le cas de Troy Terry demeure néanmoins à surveiller : l’attaquant, qui compte pour 7 millions $, a été placé sur la liste des joueurs non inscrits en raison d’une blessure à la hanche.
Cela illustre parfaitement à quel point les projections de masse salariale peuvent évoluer à l’approche de l’ouverture de la saison.
Columbus : la transaction change complètement le calcul
C’est ici que la transaction de lundi est particulièrement importante.
Dans une projection antérieure, Columbus apparaissait à 105,06 millions $, soit 1,06 million $ au-dessus du plafond. PuckPedia avait alors identifié Elvis Merzlikins comme l’un des joueurs pouvant être placé sur la LTIR.
Mais Merzlikins n’est plus à Columbus.
Le gardien a été envoyé à Toronto avec Marchenko et Wood dans la transaction conclue lundi. Les Blue Jackets ont obtenu Matthew Knies, Steven Lorentz, Emil Andrae et un choix conditionnel de deuxième tour en 2027. Columbus conserve 972 000 $ du salaire de Merzlikins, soit 18 % de son contrat de 5,4 millions $.
La situation salariale des Blue Jackets a donc changé considérablement. Il serait incorrect de présenter Merzlikins comme une solution LTIR pour Columbus dans le portrait actuel.
C’est aussi un bon exemple de la raison pour laquelle les données de PuckPedia doivent être lues comme des projections évolutives plutôt que comme une photographie définitive.
Et les Canadiens dans tout ça?

Les Canadiens de Montréal se situent juste sous le plafond avec une masse projetée de 102,11 millions $ et environ 1,89 million $ d’espace disponible.
Le CH n’a donc pas besoin, dans la projection actuelle, de dépasser le plafond grâce à la LTIR. Surtout qu’aucun de ses joueurs-clés ne gagne au-dessus de 10 M$.
Montréal se retrouve néanmoins beaucoup plus près de la limite que certaines formations. Les Canucks de Vancouver disposent de près de 17 millions $ de coussin, Detroit de 16,77 millions $, Calgary de 13,91 millions $ et Winnipeg de 12,89 millions $.
Le portrait est donc très différent d’une équipe à l’autre.
À Vegas, le dépassement de près de 8,8 millions $ est directement lié à Pietrangelo et à la LTIR. À Toronto, Domi et maintenant Merzlikins font partie d’une équation salariale complexe. En Floride, Gadjovich et potentiellement Marchand offrent une marge de manœuvre supplémentaire. D’autres situations, comme celles d’Anaheim et Columbus, ont évolué avec les mouvements de personnel.
Les Canadiens, eux, sont actuellement à environ 1,9 million $ du plafond sans devoir compter sur ce mécanisme.
Pour Kent Hughes, cette marge demeure relativement mince, mais elle offre tout de même une certaine flexibilité. Et si le directeur général souhaite ajouter du salaire au cours de la saison, la capacité de Montréal à créer de l’espace pourrait devenir un élément important à surveiller.
