L’ex-vedette des Rangers de New York Ron Duguay est décédée à l’âge de 69 ans, jeudi. Sarah Palin a annoncé jeudi le décès de son compagnon, emporté par un cancer du côlon.
L’ex-gouverneure de l’Alaska, qui partageait la vie de l’ancien hockeyeur depuis 2022, a ainsi confirmé la mort d’une figure aussi marquante de la Ligue nationale de hockey que de la vie mondaine new-yorkaise des années 1970 et 1980.
It’s with a shattered heart, but also deep peace knowing Ron is with Jesus now. He fought so hard. Love never ends❤️@RonDuguay10 pic.twitter.com/NJ5jWk6EEs
— Sarah Palin (@SarahPalinUSA) October 22, 2026
Le Canadien-Français laisse derrière lui le souvenir d’un attaquant spectaculaire des Rangers de New York et d’une figure incontournable de la vie mondaine new-yorkaise à l’époque Disco.
Repêché au 13e rang au total par les Rangers en 1977, Duguay a disputé 12 saisons dans la Ligue nationale de hockey. En 864 matchs de saison régulière, il a récolté 620 points, dont 274 buts et 346 aides, avec New York, les Red Wings de Detroit, les Penguins de Pittsburgh et les Kings de Los Angeles.
C’est toutefois à Manhattan que son nom est devenu indissociable d’une époque où le hockey et la culture populaire se côtoyaient jusque dans les boîtes de nuit les plus sélectes.
The New York Rangers organization mourns the loss of Ron Duguay, one of the most popular players in franchise history. Ron's signature skating style – with his hair flowing as he moved down the ice – captivated The Garden Faithful, and his skill, tenacity, and charisma earned him… pic.twitter.com/q1FzskSdN5
— New York Rangers (@NYRangers) October 22, 2026
De Sudbury à Broadway
Né à Sudbury, en Ontario, Duguay a grandi dans le Nord ontarien avant de s’imposer avec les Wolves de sa ville natale, pour lesquels il a évolué de 1973 à 1977. Son talent lui a ouvert les portes de la LNH, mais son arrivée à New York allait rapidement lui offrir une scène bien plus vaste que celle du Madison Square Garden.
Dans un reportage publié pour TVA Sports en janvier 2023, nous avions retracé le parcours de celui qui s’était retrouvé au cœur de la frénésie new-yorkaise à tout juste 20 ans.
« Pour un jeune qui grandit à Sudbury, tu sors et tu fais la fête. À New York, c’était plus gros et c’est une bonne chose que je n’aie pas été repêché avant. J’avais 20 ans, donc j’étais prêt », racontait-il.
Sur la patinoire, Duguay possédait la vitesse et l’énergie nécessaires pour électriser les partisans. En dehors, sa chevelure bouclée, son style vestimentaire et son aisance devant les caméras en faisaient un personnage immédiatement reconnaissable.

Il a notamment atteint le plateau des 40 buts en une saison avec les Rangers, en 1981-1982, et contribué au parcours de l’équipe jusqu’à la finale de la Coupe Stanley en 1979. Les Canadiens de Montréal avaient alors remporté la série en cinq matchs.
Pour le jeune Franco-Ontarien, cette confrontation avait une saveur particulière. Il avait grandi en regardant jouer le Tricolore et se retrouvait désormais à affronter ses idoles sur la plus grande scène du hockey.
Du Madison Square Garden au Studio 54
Duguay incarnait une époque révolue de la LNH, lorsque certaines vedettes du hockey pouvaient passer d’une soirée au légendaire Studio 54 à un match devant des milliers de spectateurs sans que leur popularité en souffre immédiatement.
Les joueurs des Rangers étaient accueillis comme des célébrités dans cette discothèque mythique, où se croisaient artistes, musiciens et personnalités du monde du spectacle. Duguay y avait ses entrées et côtoyait une faune qui comprenait les plus grandes vedettes de l’époque.
« Tout le monde était là. C’était la discothèque la plus populaire au monde », expliquait-il dans notre reportage.
Sa notoriété a dépassé les frontières du sport. Avec ses coéquipiers Phil Esposito et Dave Maloney, il a notamment participé à une publicité pour les jeans Sasson, devenant l’un des visages d’une campagne qui associait le hockey à l’univers de la mode.

Il a également été photographié par Andy Warhol, figure majeure du mouvement pop art, et a raconté avoir rencontré le cinéaste Steven Spielberg. Ses fréquentations et ses aventures sentimentales avec des personnalités connues ont alimenté la presse à potins, faisant de lui un habitué des chroniques mondaines.
Cette célébrité avait néanmoins son revers. Lorsque Herb Brooks a pris les commandes des Rangers, en 1981, le mode de vie de Duguay est devenu une source de friction. Malgré une saison de 40 buts, l’attaquant a été échangé aux Red Wings en 1983.
Il est revenu à New York en 1987, avant de terminer sa carrière dans la LNH avec les Kings de Los Angeles, en 1989.
Un héritage qui dépasse les paillettes
Après sa carrière de joueur, Duguay est demeuré près du hockey, notamment comme entraîneur dans les ligues mineures. Il a aussi retrouvé une place familière dans les foyers new-yorkais en devenant analyste pour MSG Network, où il a commenté les activités des Rangers de 2007 à 2018.
Ses racines nord-ontariennes n’ont jamais disparu de son histoire. Les Wolves de Sudbury ont retiré son numéro, consacrant ainsi l’importance de celui qui avait fait ses premières armes dans leur uniforme.
Encore récemment, il avait renoué avec sa ville natale lors d’une soirée spéciale organisée en son honneur par les Wolves, au début d’octobre 2026. Cette visite avait permis de mesurer l’attachement que lui vouaient les partisans et la communauté qui l’avait vu grandir.
En février, sa famille avait lancé une campagne de financement pour l’aider à assumer les coûts de ses soins médicaux. Sa lutte contre le cancer avait ensuite été marquée par de graves complications de santé.
La nouvelle de son décès a également suscité des réactions dans son entourage, dont celle de Sarah Palin, l’ancienne gouverneure de l’Alaska avec qui il entretenait une relation depuis 2022.
Ron Duguay laisse le souvenir d’un joueur qui savait faire lever la foule et d’un personnage qui a traversé l’âge d’or du disco avec la même assurance qu’il affichait sur la glace. Dans une ligue où les vedettes sont aujourd’hui omniprésentes sur les réseaux sociaux, il appartient à une génération qui a bâti sa légende dans les arénas, les magazines et les nuits animées de New York.
Pour Sudbury, il restera aussi l’un des siens : un jeune hockeyeur du Nord de l’Ontario devenu une vedette internationale, sans jamais cesser d’incarner une époque singulière de la LNH.
