L’absence de Nick Suzuki, qui ratera de deux à quatre semaines en raison d’une blessure, forcera les Canadiens de Montréal à revoir leurs responsabilités au sein de leur attaque. À l’entraînement de jeudi matin, à Brossard, Juraj Slafkovsky, Cole Caufield et ont insisté sur l’importance de l’effort collectif, tandis qu’Oliver Kapanen se voit confier une occasion de prendre du galon au centre des deux premiers.
« C’est une énorme perte. Personne ne peut vraiment chausser les patins de ‘Suzy’. On le sait comme groupe et tout le monde devra en donner davantage », a reconnu Caufield.
« C’est sûr, c’est vraiment moche. Il est l’un des éléments les plus importants de cette équipe, se désole Slafkovsky. Mais bon, on n’y peut rien. Il faut juste patienter et se battre pour lui, rester prêts pour les matchs et tout donner sur la glace.
« Qu’on arrive à gagner même quand il n’est pas là . Comme ça, quand il reviendra, on sera dans une bonne position. »
Le capitaine joue un rôle central chez les Canadiens, autant par sa production offensive que par sa capacité à dicter le rythme et à assumer de lourdes responsabilités. Son absence laissera donc un vide que Montréal ne pourra combler avec un seul joueur.
L’équipe devra plutôt miser sur une contribution accrue de l’ensemble de ses éléments.
« Il va travailler comme un acharné pour revenir le plus rapidement possible, et nous allons essayer d’élever notre jeu pour lui », a ajouté Caufield.
Kapanen obtient sa chance
Le principal bénéficiaire de cette réorganisation sera Oliver Kapanen, appelé à occuper un rôle plus important, notamment aux côtés de Slafkovsky et de Caufield.
Le Slovaque accueille favorablement cette nouvelle combinaison, convaincu que son jeune coéquipier possède plusieurs qualités nécessaires pour relever le défi.
« ‘Kapi’ est bon des deux côtés de la rondelle. C’est un joueur intelligent qui gagne des mises en jeu et qui fait tout le travail moins spectaculaire. Je suis vraiment enthousiaste à l’idée de jouer avec lui », a expliqué Slafkovsky.
Le numéro 20 voit également des similitudes entre le jeu de Kapanen et celui de Suzuki, même si le Finlandais n’a pas encore l’expérience du capitaine.
« Je pense qu’il veut jouer un peu comme ‘Suzy’. Ils ont un style assez semblable. Évidemment, ‘Kapi’ n’a pas encore son expérience, mais ce sera une bonne occasion pour lui de jouer beaucoup de minutes dans cette position », a-t-il poursuivi.
Caufield estime toutefois que la tâche ne reposera pas uniquement sur les épaules du jeune centre.
« ‘Kapi’ est un joueur intelligent. On peut le placer à différents endroits dans la formation et espérer que ça fonctionne. Mais tout le monde devra en donner davantage », a-t-il souligné.
Une occasion en avantage numérique
Kapanen pourrait également profiter de l’absence de Suzuki pour obtenir davantage de responsabilités sur la première unité d’avantage numérique.
St-Louis considère que cette possibilité mérite d’être explorée, particulièrement dans un contexte où les blessures obligent le personnel d’entraîneurs à revoir ses combinaisons.
« Il y a toujours un potentiel offensif. Ce n’est pas la première fois qu’il joue en avantage numérique, mais les blessures lui donnent une occasion. Il a un bon lancer et il est très prévisible dans ce qu’il va faire », a expliqué l’entraîneur-chef.
St-Louis s’attend à ce que Kapanen conserve son identité de joueur plutôt que de chercher à reproduire exactement ce que Suzuki apportait à l’équipe.
L’entraîneur croit que Slafkovsky, un gaucher, pourra tirer profit de la présence de deux droitiers qui aiment décocher des tirs. Le trio pourrait ainsi multiplier les occasions de marquer si le jeu collectif permet de mettre les rondelles dans les bonnes zones.
La culture du groupe mise à l’épreuve
Au-delà des ajustements à l’attaque, cette absence mettra à l’épreuve la capacité des Canadiens à maintenir leurs standards sans leur capitaine.
St-Louis estime néanmoins que la culture de son équipe lui permettra de traverser cette période difficile. Il observe notamment une volonté accrue des joueurs de prendre leurs responsabilités et de se pousser mutuellement à s’améliorer.
Il établit toutefois une distinction importante entre l’imputabilité et le fait de chercher des coupables.
« Quand tu prends tes responsabilités, ça ne veut pas dire que tu montres les autres du doigt. Tu dois d’abord te regarder dans le miroir avant de demander quoi que ce soit aux autres », a-t-il rappelé.
L’entraîneur ne croit pas que son groupe soit porté à rejeter la faute sur ses coéquipiers. Au contraire, il estime que les joueurs ont développé des réflexes collectifs qui devraient les aider à surmonter cette épreuve.
Suzuki demeure le capitaine, mais il n’est pas le seul leader du vestiaire, a-t-il rappelé.
« C’est sûr que tu perds un gros morceau, mais je pense qu’on sera capable de continuer. »
Les prochaines semaines permettront de vérifier si cette confiance se traduira sur la glace. En attendant le retour de Suzuki, les Canadiens devront trouver une façon de préserver leur élan sans leur principal centre et sans chercher à confier à un seul joueur la responsabilité de combler son absence.
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