Deux dernières descentes et autant de dominations. Mikaël Kingsbury quitte le ski acrobatique au sommet de son art. Chez lui, à Saint-Sauveur.
Le Roi des bosses a remporté samedi la grande finale des bosses en parallèle aux Championnats canadiens devant le jeune Canadien Cole Carey.
Au lendemain de sa victoire en épreuve individuelle aux bosses devant les Québécois Gabriel Dufresne et Julien Viel, Kingsbury a signé sa 15e jubilation canadienne, une marque dont il est désormais le codétenteur.
Plus d’un mois depuis ses deux médailles olympiques, l’Olympien tire sa révérence du ski acrobatique et dit au revoir là où tout a commencé.
Kingsbury a disputé sa première épreuve de Coupe du monde FIS en janvier 2010, à seulement 17 ans. Il est monté sur son premier podium en Coupe du monde en décembre 2010, avant de décrocher sa première victoire mondiale quelques semaines plus tard.
En janvier, il a gravi pour la dernière fois sur un podium en Coupe du monde, célébrant sa 100e victoire à Val Saint-Côme. C’est la première fois qu’un skieur acrobatique masculin atteint ce plateau. Il s’agissait de son 143e podium en Coupe du monde en 169 descentes. Autrement dit, il n’a raté le podium que 26 fois au cours de sa carrière sur le circuit.
Ce niveau de réussite s’est traduit par un impressionnant total de 29 globes de cristal. À partir de la saison 2011-2012, Kingsbury a remporté le classement général de la Coupe du monde en bosses et en ski acrobatique pendant neuf saisons consécutives.
Seule une blessure l’ayant tenu à l’écart pendant une grande partie de la saison 2020-2021 est venue interrompre cette série. Il a ensuite repris sa domination en terminant au sommet des classements combinés bosses et bosses en parallèle lors des quatre saisons suivantes.
Kingsbury a également brillé de façon exceptionnelle aux Championnats du monde FIS, remportant 15 médailles en 16 participations, dont neuf médailles d’or. En 2019, 2021 et 2023, il a été sacré champion du monde à la fois en bosses et en bosses en parallèle.
Bien sûr, ce dont on se souviendra surtout, ce sont ses cinq médailles olympiques, un record pour un skieur acrobatique masculin.
Kingsbury soulève le drapeau canadien après avoir terminé au sommet du podium. (Photo par Vaughn Ridley/COC)
Tout a commencé avec une médaille d’argent à ses débuts olympiques à Sotchi en 2014, où il est monté sur le podium aux côtés de son coéquipier médaillé d’or Alex Bilodeau. Quatre ans plus tard, au sommet de sa domination, Kingsbury a enfin décroché l’or olympique à PyeongChang 2018. Après une autre médaille d’argent à Beijing 2022, il s’est présenté à ses quatrièmes Jeux olympiques avec deux chances de médaille pour la première fois de sa carrière.
L’épreuve de bosses masculines à Milano Cortina 2026 n’aurait pas pu être plus serrée. Kingsbury a dû se contenter de la médaille d’argent au bris d’égalité, après avoir obtenu le même pointage total que le médaillé d’or Cooper Woods.
Mikael Kingsbury, de l’équipe canadienne, célèbre avec sa famille sa médaille d’or en finale de l’épreuve masculine de bosses parallèles aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026, en Italie, le dimanche 15 février 2026. Photo de Darren Calabrese/COC
Mais ce ne sont pas les images de lui célébrant à l’arrivée ou les yeux fermés sur le podium qui resteront gravées dans les mémoires.
Ce sont plutôt les moments partagés avec son fils Henrik, lui faisant découvrir à quel point une médaille olympique peut avoir un goût unique, qui nous rappelleront toujours le plaisir d’avoir vu un enfant devenir un roi, et réaliser tous ses rêves d’enfance.