LAVAL-SUR-LE-LAC — Le Canadien de Montréal ne veut plus seulement être rapide, il veut s’imposer comme une équipe que ses adversaires redoutent.
Et Josh Anderson, qui vient d’être nommé capitaine adjoint, entend contribuer à cette ascension. L’Ontarien, acquis des Blue Jackets de Columbus en 2020 en retour de son bon ami Max Domi, a tenu à exprimer sa gratitude à l’égard de la métropole.
« Je n’ai pas à vous dire à quel point j’aime cette ville et cette équipe. Je pense que la culture que nous avons construite au fil des quatre à cinq dernières années depuis que Marty, Gorts et Kent sont arrivés, c’est évidemment quelque chose d’assez spécial, a-t-il déclaré lundi au tournoi de golf annuel du club à Laval-sur-le-Lac.
« Cette ville est tout simplement incroyable. Ma fille est née ici, je joue près de la maison et, la qualité des gens avec lesquels j’ai eu la chance de travailler au cours des six à sept dernières années. »
Avec Mike Matheson et Nick Suzuki déjà identifiés comme leaders du groupe, Anderson ajoute désormais officiellement sa voix à celle du noyau dirigeant. Une responsabilité qu’il accueille avec beaucoup d’humilité, surtout après avoir vu le jeune groupe montréalais gagner rapidement en maturité.
« Nous avons beaucoup de bons leaders dans cette chambre. Le groupe a tellement mûri au cours des deux dernières années. Je suis très humble d’avoir cette occasion de partager ce rôle avec Mike Matheson et Nick Suzuki et de contribuer à diriger ce groupe », a-t-il déclaré.
La nouvelle lui a été annoncée il y a quelques semaines par Martin St-Louis, lors d’une courte rencontre dans le bureau de l’entraîneur.
Ce n’est pas par hasard si la lettre que portait fièrement Brendan Gallagher sur son maillot lui revient : Anderson joue avec du coeur, du chien et il personnifie un coéquipier modèle.
« Marty m’a fait venir dans son bureau et s’est assis avec moi pendant une dizaine de minutes pour m’annoncer la nouvelle. Chaque fois que tu vas dans le bureau de l’entraîneur, tu ne sais jamais à quoi t’attendre. C’était une bonne nouvelle. »
Une responsabilité qui arrive au bon moment
Anderson n’a pas besoin d’une lettre cousue sur son chandail pour jouer un rôle de leader. Depuis plusieurs années, il s’impose davantage par son attitude, son engagement et sa présence physique.
Il cite notamment Nick Foligno parmi les joueurs qui ont influencé sa façon de diriger.
« J’ai eu le privilège de jouer avec beaucoup de bons leaders, pas seulement à Montréal, mais aussi à Columbus. J’ai aussi côtoyé des gars qui portaient des lettres sur leur chandail et qui ont eu une grande influence sur ma carrière. »
Sa définition du leadership demeure toutefois très simple.
« Tout le monde dirige différemment. J’essaie simplement d’être la meilleure personne possible pour mes coéquipiers, d’être là si quelqu’un a besoin de parler ou de quelqu’un sur qui compter, et d’être prêt à travailler chaque jour. »
Pour Anderson, montrer l’exemple demeure essentiel.
« Mener par l’exemple est très important, tout comme se doter d’une voix. »
L’imputabilité, nouvelle étape de la maturité
L’un des mots qui reviennent le plus souvent dans les propos d’Anderson est l’imputabilité.
À mesure que l’équipe gagne en expérience, les joueurs doivent également être capables de se responsabiliser les uns les autres.
Anderson a particulièrement remarqué cette évolution lors des dernières séries éliminatoires.
« Il faut d’abord se tenir soi-même responsable. Et je pense qu’en entrant en séries l’an dernier, on a vu beaucoup de gars se tenir mutuellement responsables. »
Cela signifie être capable d’intervenir lorsqu’un coéquipier doit entendre quelque chose, mais aussi de pousser les autres quotidiennement.
« Être présents chaque jour, se pousser les uns les autres à l’entraînement, ça va mener au succès dans les matchs. »
Selon Anderson, c’est précisément de cette façon que la culture du Canadien s’est construite au cours des dernières années.
Une équipe plus difficile à affronter
Le Canadien a longtemps misé sur la vitesse. Cette qualité demeure au cœur de son identité, mais Anderson croit que l’équipe possède maintenant suffisamment d’éléments pour ajouter une autre dimension à son jeu.
De la robustesse, de la profondeur et, surtout, une capacité accrue à rendre la vie difficile à ses adversaires.
« Nous voulons simplement être une équipe difficile à affronter chaque soir. Quand les équipes voient Montréal encerclé sur leur calendrier, nous voulons que ce soit un match difficile. »
Le message est particulièrement révélateur de l’évolution du Tricolore.
Anderson estime que Montréal possède maintenant quatre trios capables de contribuer, trois gardiens de qualité et une défensive qui a démontré ses capacités.
Mais le talent ne suffira pas.
« Nous devons continuer à être constants dans cette ligue. C’est évidemment très important. »
La leçon de la Caroline
La série contre les Hurricanes de la Caroline a d’ailleurs laissé une impression durable dans le vestiaire montréalais. Anderson a vu une équipe adverse qui ne relâchait jamais la pression.
« Je pense que nous devons être plus détaillés dans notre façon de jouer. On l’a un peu vu l’an dernier dans cette série contre la Caroline et dans la façon dont ils venaient vers nous à chaque ligne. »
Le message de Martin St-Louis depuis son arrivée derrière le banc demeure donc pertinent : chaque jeu compte.
Pour Anderson, l’expérience accumulée par le groupe devrait permettre au Canadien de mieux gérer ce genre de situations.
« Nous devenons beaucoup plus expérimentés. C’est une autre année pour devenir meilleurs. »
Kreider : exactement le genre de joueur recherché
L’arrivée de Chris Kreider ajoute justement une dimension qui cadre parfaitement avec cette nouvelle identité.
Anderson connaît bien l’attaquant américain pour l’avoir affronté pendant de nombreuses années. Et il aime ce qu’il voit.
« C’est un gros joueur, un attaquant de puissance difficile à affronter. Il est extrêmement rapide. J’aime sa façon de jouer et je pense que c’est un excellent ajout pour notre équipe. »
Kreider apporte également une expérience considérable, un élément que le Canadien cherchait à ajouter à son groupe.
« C’est un joueur qui peut faire avancer les choses et, évidemment, avec toute l’expérience qu’il a acquise au cours de sa longue carrière, il ne pourra qu’aider notre groupe. »
Une bataille pour chaque poste
Avec davantage de talent et de profondeur, Anderson sait également que les joueurs devront accepter de ne pas toujours obtenir exactement le rôle ou le temps de glace qu’ils souhaitent.
Et il ne voit pas cela comme un problème.
Au contraire.
« Nous avons beaucoup de bons joueurs dans cette équipe. Ce sera une bataille chaque soir pour être dans la formation. »
Cette compétition interne pourrait devenir l’un des moteurs du Canadien.
« Lorsque tu as beaucoup de gars qui poussent pour obtenir plus de temps de glace, je pense que ça augmente simplement beaucoup le niveau de compétition. »
Peu importe qu’il soit utilisé dans un rôle défensif ou sur un trio d’énergie, Anderson affirme être prêt à accepter les responsabilités qu’on lui confiera.
