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«Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit disponible»

Il a beaucoup été question du nouveau venu Chris Kreider au tournoi des Canadiens de Montréal.

LAVAL-SUR-LE-LAC — Chris Kreider n’a pas eu besoin de beaucoup de temps pour se laisser convaincre par le Canadien. À peine devenu disponible, l’attaquant américain a rapidement constaté que Montréal cochait plusieurs cases importantes : une équipe en progression, un groupe soudé, un environnement passionné et, surtout, une vieille connaissance derrière le banc.

« Montréal a été très agressif dès le départ, a expliqué Kreider lundi, lors de sa première rencontre avec les médias depuis son arrivée avec le Canadien.

L’ancien attaquant des Rangers de New York a également été séduit par ce qu’il a observé de loin au cours des dernières saisons.

« Je pense que le talent, la vitesse, surtout en regardant l’équipe pendant les séries, a-t-il souligné. Elle était soudée, mais en même temps, je dirais qu’elle avait une mentalité de groupe très forte. C’est une équipe. On peut avoir beaucoup d’individualités talentueuses dans une équipe sans nécessairement avoir une équipe, mais je pense que c’est véritablement une équipe ici. »

Pour Jeff Gorton, l’occasion était difficile à laisser passer.

« Je ne m’attendais pas à ce qu’il (Kreider) soit disponible, surtout si on remonte quelques semaines en arrière », a reconnu le vice-président exécutif des opérations hockey du Canadien. Lorsqu’il est devenu disponible, on regardait notre formation et on se disait qu’il pouvait être un excellent ajout pour plusieurs raisons : sa taille, sa vitesse, son expérience et son rendement en séries. »

Gorton connaissait également suffisamment Kreider pour croire qu’il s’intégrerait rapidement au vestiaire.

« Je savais qu’il serait très à l’aise dans le groupe. Il n’y avait vraiment pas beaucoup de points négatifs lorsqu’on y réfléchissait. »

St-Louis, un facteur déterminant

Kreider n’a jamais caché que la présence de Martin St-Louis avait pesé lourd dans sa décision.

Les deux hommes ont été coéquipiers chez les Rangers, et Kreider garde un souvenir particulièrement fort de cette période.

« C’est un énorme attrait pour moi, a-t-il reconnu. J’ai eu la chance de jouer avec lui à New York. Même à l’époque, il était presque comme un entraîneur-joueur. »

Kreider affirme même n’avoir jamais autant appris d’un individu que durant son passage aux côtés de St-Louis.

« L’intensité, la ténacité et tout ce qu’il apportait à la patinoire chaque jour… je ne pense pas pouvoir dire que j’ai appris davantage d’une seule personne que durant le temps que j’ai passé à jouer sur sa ligne. »

St-Louis, de son côté, est tout aussi enthousiaste à l’idée de retrouver son ancien coéquipier, cette fois avec un tableau blanc plutôt qu’un chandail voisin dans le vestiaire.

« Je ne m’attends pas à vivre beaucoup de situations où je vais diriger un ancien coéquipier, mais si ça arrive, je suis heureux que ce soit avec Chris, a-t-il lancé. Chris est un ami, mais c’est surtout une très bonne personne. Et il a encore beaucoup de bon hockey devant lui. »

Un profil qui répond aux besoins du CH

St-Louis n’a d’ailleurs pas eu à chercher très loin pour expliquer ce qui l’attirait chez Kreider.

« La première chose qui me vient à l’esprit avec Chris, c’est évidemment sa vitesse », a-t-il dit.

À cela s’ajoutent plusieurs caractéristiques recherchées par le Canadien.

« Quand tu regardes notre équipe, qu’est-ce qui nous manque? Probablement un peu plus d’expérience. Il coche cette case. Un peu plus de robustesse, il coche cette case. Un joueur devant le filet, il coche cette case. »

Mais pour St-Louis, toutes ces qualités hockey ne valent rien sans un élément plus fondamental.

« Toutes ces cases ne voudraient rien dire s’il n’était pas une personne de qualité. Pour moi, ça commence par ça avec Chris. »

Le souvenir de 2014

Kreider sait évidemment que son arrivée à Montréal ne passera pas inaperçue auprès des partisans du Canadien. Son nom demeure associé à un épisode marquant des séries éliminatoires de 2014, lorsqu’une collision avec Carey Price avait contribué à l’élimination de Montréal.

L’Américain ne cherche toutefois pas à réécrire l’histoire.

« Ce qui s’est passé dans le passé est arrivé. Ce n’était évidemment pas intentionnel. J’étais simplement un jeune joueur qui patinait plutôt mal à l’époque, qui essayait de marquer et les choses sont arrivées. C’est le hockey, c’est rapide, mais on passe à autre chose. Je suis heureux d’être ici. »

Il s’attend néanmoins à un accueil à la hauteur de la mémoire des partisans montréalais.

« C’est une base de partisans passionnée. Je pense qu’ils ont une longue mémoire. »

Sa réponse? Simple.

« Je vais aller là-bas et travailler aussi fort que possible et faire tout ce qu’il faut pour aider cette équipe à gagner des matchs de hockey. »

« Ils sont prêts à passer à l’étape suivante »

Kreider ne débarque pas à Montréal avec l’impression de rejoindre une équipe en reconstruction.

Après avoir observé le Canadien de l’extérieur, notamment durant les dernières séries, il estime que le groupe est déjà prêt à franchir un autre cap.

« L’équipe a atteint la finale de conférence l’an dernier. Elle est là, elle est prête à passer à l’étape suivante. Et je suis simplement heureux d’en faire partie. »

Un message qui correspond parfaitement à celui de la direction montréalaise : ajouter de l’expérience et du caractère sans bouleverser un groupe qui vient de connaître sa meilleure saison depuis plusieurs années.

Pour Kreider, le défi commence maintenant. Et après une fin de semaine mouvementée, il sait déjà ce qu’il doit faire pour gagner sa place auprès de ses nouveaux coéquipiers.

« La chose la plus importante quand tu rejoins une nouvelle équipe, c’est de gagner la confiance de tes coéquipiers. Faire les bonnes choses, jouer de la bonne façon, se présenter et travailler fort chaque jour. »

À Montréal, Chris Kreider aura donc plusieurs moyens de se faire adopter. Il compte visiblement commencer par le plus simple : travailler.

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