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LNH

Ces jeunes vedettes dans l’attente de leur prochain (gros) contrat

Fantilli, Gauthier, Nikishin, Bolduc et Xhekaj : cinq jeunes joueurs, cinq réalités contractuelles bien différentes alors que le marché salarial continue de prendre de l’ampleur.

L’été 2026 est particulièrement intéressant pour les joueurs autonomes avec compensation de la nouvelle génération.

Avec un plafond salarial qui atteint maintenant 104 millions $ pour la saison 2026-2027, les équipes disposent de davantage d’espace pour investir dans leurs jeunes vedettes. Pour certains joueurs, le prochain contrat pourrait représenter le premier véritable contrat qui déterminera leur valeur dans la LNH.

Adam Fantilli, Cutter Gauthier, Alexander Nikishin, Zachary Bolduc et Arber Xhekaj illustrent parfaitement les différentes étapes de ce processus.

Fantilli : le contrat qui pourrait franchir les 10 millions $

Adam Fantilli demeure le dossier le plus spectaculaire du groupe.

Le troisième choix au total du repêchage de 2023 sort d’une saison de 59 points en 82 matchs, après avoir inscrit 27 buts et récolté 49 points à sa deuxième campagne. À 21 ans, il possède déjà suffisamment d’expérience pour convaincre les Blue Jackets de Columbus qu’il peut devenir leur centre numéro un.

C’est précisément ce potentiel qui fait grimper la facture.

Une projection raisonnable se situe autour de 10 à 12 millions $ par saison sur une entente à long terme. Si Columbus veut véritablement acheter plusieurs années de ses meilleures saisons, une entente de huit ans pourrait se rapprocher de 80 à 90 millions $.

Projection : 8 ans, 88 M$ — 11 M$ par saison.

Le principal enjeu sera de déterminer si Fantilli préfère maximiser sa valeur avec une entente plus courte ou assurer sa sécurité financière immédiatement avec un contrat qui l’accompagnerait jusqu’à ses 30 ans.

Gauthier : le marché des buteurs joue en sa faveur

Cutter Gauthier arrive lui aussi à un moment charnière.

L’attaquant des Ducks d’Anaheim a explosé offensivement en 2025-2026 avec 41 buts et 69 points en 76 matchs, devenant l’une des jeunes menaces offensives les plus intéressantes de la LNH.

Son âge joue également en sa faveur. À 22 ans, Gauthier peut encore progresser, mais il possède déjà une qualité extrêmement difficile à trouver : un tir capable de produire régulièrement.

Une projection autour de 9,5 à 11 millions $ par saison serait donc crédible. Le marché pourrait toutefois être influencé par les contrats accordés à d’autres jeunes vedettes.

Projection : 8 ans, 84 M$ — 10,5 M$ par saison.

Pour Anaheim, le risque serait de laisser la situation traîner jusqu’à ce que Gauthier réalise une autre saison de 40 buts. Dans ce scénario, sa valeur pourrait encore augmenter.

Nikishin : le défenseur qui pourrait changer la donne

Alexander Nikishin constitue probablement le dossier le plus intrigant chez les défenseurs.

Le Russe de 24 ans a disputé sa première saison complète avec les Hurricanes de la Caroline en 2025-2026, récoltant 11 buts et 33 points en 77 matchs. Il s’est également rapidement imposé comme un défenseur physique capable d’évoluer dans plusieurs situations.

Son contrat de deux ans et 1,85 million $ est maintenant arrivé à échéance, faisant de lui un joueur autonome avec compensation.

Le contraste est saisissant : Nikishin passe d’un salaire annuel moyen de seulement 925 000 $ à un contrat qui pourrait multiplier sa rémunération par plusieurs fois.

Une projection récente de Daily Faceoff plaçait d’ailleurs sa valeur potentielle autour de 6,44 millions $ par saison, avec une compensation hypothétique associée à une offre hostile.

Mais le plafond salarial et le potentiel du défenseur pourraient pousser le chiffre encore plus haut.

Projection : 6 ans, 42 M$ — 7 M$ par saison.

Ce serait un pari important pour la Caroline, mais aussi une façon de protéger un défenseur de 24 ans qui possède encore une importante marge de progression.

Le problème est que les Hurricanes doivent gérer leur masse salariale. Nikishin a d’ailleurs été décrit comme une priorité contractuelle, mais les négociations n’étaient toujours pas réglées au début de l’été.

Bolduc : Montréal doit choisir entre patience et pari

Zachary Bolduc représente un cas beaucoup plus difficile à évaluer.

Après une première saison complète dans la LNH, le Québécois demeure un joueur en développement. Il possède les outils offensifs pour devenir un attaquant important, mais son échantillon demeure beaucoup plus limité que celui de Fantilli ou Gauthier.

C’est pourquoi une entente à court ou moyen terme semble plus logique.

Projection : 3 ans, 13,5 M$ — 4,5 M$ par saison.

Cette formule permettrait à Bolduc de démontrer qu’il peut devenir un joueur de deuxième trio tout en donnant au Canadien une certaine protection financière.

Si Bolduc franchit un nouveau palier offensif durant cette période, il pourrait ensuite réclamer beaucoup plus.

Pour Kent Hughes, c’est donc une question classique : faut-il payer aujourd’hui pour le potentiel ou attendre que le joueur fasse ses preuves?

Carlsson, Bedard et Zegras : les comparables qui redéfinissent le marché

Pour comprendre jusqu’où pourraient aller les négociations de Fantilli et Gauthier, il faut regarder les contrats qui ont été conclus au cours des dernières semaines. Et un chiffre ressort immédiatement : 18 millions $ par saison.

C’est le montant accordé à Leo Carlsson par les Ducks d’Anaheim après que ceux-ci eurent égalé l’offre hostile des Flyers de Philadelphie. L’entente de cinq ans, d’une valeur totale de 90 millions $, fait de Carlsson le joueur le mieux payé de l’histoire de la LNH en matière de salaire annuel moyen au moment de sa signature. Le Suédois venait pourtant de terminer une saison de 67 points en 70 matchs.

Le dossier Carlsson constitue donc un précédent majeur pour les autres jeunes centres de premier plan.

Et il faut ajouter une nuance importante : Carlsson n’a pas simplement obtenu 18 millions $ parce qu’il avait inscrit 67 points. Son âge, son potentiel, son statut de deuxième choix au total en 2023 et surtout la volonté de Philadelphie de le déloger d’Anaheim ont contribué à faire exploser la valeur de son contrat.

Quelques jours plus tard, Connor Bedard a signé une entente très différente, mais tout aussi révélatrice. Le premier choix du repêchage de 2023 s’est entendu avec Chicago pour cinq ans et 75 millions $, soit 15 millions $ par saison. Bedard venait de connaître une saison de 75 points en 69 matchs et avait déjà accumulé 203 points en 219 rencontres dans la LNH.

La stratégie des Blackhawks est intéressante : plutôt que de lui consentir huit ans, l’organisation a opté pour cinq saisons. Bedard atteindra donc l’autonomie complète à l’issue de cette entente et pourrait se retrouver en position de force pour négocier encore une fois au début de la trentaine.

Pour Fantilli et Gauthier, ces deux contrats constituent des comparables particulièrement importants.

Mais Trevor Zegras offre un autre point de référence.

Après avoir connu une saison de 67 points, dont 26 buts, son meilleur rendement en carrière, Zegras a signé avec les Flyers un contrat de quatre ans et 36,5 millions $, soit 9,125 millions $ par saison. Il avait demandé l’arbitrage avant de conclure l’entente.

La différence avec Carlsson et Bedard est évidemment l’âge et le niveau de certitude entourant le joueur. Zegras avait 25 ans au moment de sa signature et arrivait avec une trajectoire plus irrégulière. Les Flyers ont donc acheté quatre années de ses services plutôt que de s’engager à très long terme.

C’est précisément le genre de comparaison qui pourrait être utile dans le dossier Gauthier.

Et Werenski dans tout ça?

Le cas de Zach Werenski est différent, mais il permet de mesurer l’évolution de la valeur des défenseurs d’élite.

Le défenseur des Blue Jackets de Columbus vient de remporter le trophée Norris après une saison exceptionnelle de 81 points en 75 matchs, dont 22 buts et 59 passes.

Werenski possède encore deux saisons à écouler à son contrat actuel, qui comporte un plafond salarial de 9,583 millions $ par année. Il ne peut pas signer de prolongation avant le 1er juillet 2027.

Son dossier sera donc particulièrement intéressant l’été prochain.

À 30 ans au début de son prochain contrat, Werenski ne devrait probablement pas obtenir une rémunération comparable à celle d’un Carlsson ou d’un Bedard. Toutefois, s’il maintient une production digne d’un défenseur numéro un, une entente dépassant les 10 millions $ par saison demeure parfaitement envisageable dans un marché où le plafond salarial continue de progresser.

Et Werenski a déjà indiqué clairement son intention : il veut demeurer à Columbus et tenter d’y gagner la Coupe Stanley.

Le marché des jeunes vient de changer

Ces quatre contrats permettent donc de mieux situer les projections.

Carlsson à 18 M$, Bedard à 15 M$ et Zegras à 9,125 M$ démontrent que le marché ne se limite plus aux contrats de 8 à 10 millions $ pour les jeunes joueurs offensifs.

Pour Fantilli, une projection autour de 11 millions $ devient ainsi beaucoup plus raisonnable, même si elle demeure inférieure aux deux contrats records de Carlsson et Bedard.

Pour Gauthier, la barre des 10 millions $ apparaît également beaucoup moins ambitieuse qu’elle ne l’aurait été il y a seulement quelques années.

Nikishin, de son côté, pourrait profiter de la même inflation du marché chez les défenseurs. Son profil ne justifie évidemment pas une rémunération comparable à celle de Werenski, mais un contrat autour de 7 millions $ par saison devient beaucoup plus défendable dans le contexte actuel.

Et c’est précisément là que les dossiers de Bolduc et Xhekaj deviennent intéressants pour Montréal.

Le Canadien ne négocie pas avec des joueurs qui commandent 10 ou 15 millions $ par saison. Il doit plutôt déterminer à quel moment il est prêt à investir dans leur potentiel, avant que celui-ci ne se transforme en production et fasse exploser leur valeur.

Le marché vient de donner une réponse très claire à une question que plusieurs directeurs généraux se posent : attendre coûte de plus en plus cher.

Xhekaj : un cas complètement différent

Arber Xhekaj est probablement le dossier le plus difficile à prévoir du groupe.

Le défenseur de 25 ans a terminé son contrat de deux ans d’une valeur de 2,6 millions $, qui lui procurait un salaire annuel moyen de 1,3 million $. Il est maintenant joueur autonome avec compensation et admissible à une offre hostile.

Ses statistiques offensives ne justifient évidemment pas une importante augmentation salariale.

En 2025-2026, Xhekaj a inscrit un but et trois passes en 65 matchs, pour quatre points. Il a cependant distribué 178 mises en échec et écopé de 116 minutes de pénalité, tout en conservant un rôle physique très particulier dans la formation montréalaise.

C’est justement ce qui rend son dossier intéressant.

Xhekaj n’est pas payé pour être un défenseur offensif. Sa valeur réside plutôt dans son gabarit de 6 pi 4 po, sa robustesse et sa capacité à apporter une dimension physique que peu de défenseurs possèdent.

Mais son temps de glace a diminué : il n’a joué que 11 min 25 s par match en moyenne en 2025-2026.

Le Canadien possède donc un levier important dans les négociations.

Projection : 2 ans, 4 M$ — 2 M$ par saison.

Une entente de cette nature serait logique pour les deux parties. Montréal ne s’engagerait pas à long terme envers un défenseur dont le rôle demeure incertain, tandis que Xhekaj obtiendrait une occasion de faire augmenter sa valeur.

Et c’est probablement là que se trouve le véritable enjeu.

Si Xhekaj parvient à redevenir un défenseur régulier du top-4 et à améliorer son jeu défensif, son prochain contrat pourrait être beaucoup plus lucratif. À l’inverse, une nouvelle saison avec un temps de glace limité pourrait sérieusement compromettre sa valeur.

Cinq joueurs, cinq stratégies

JoueurProjectionSalaire annuel moyen
Adam Fantilli8 ans, 88 M$11 M$
Cutter Gauthier8 ans, 84 M$10,5 M$
Alexander Nikishin6 ans, 42 M$7 M$
Zachary Bolduc3 ans, 13,5 M$4,5 M$
Arber Xhekaj2 ans, 4 M$2 M$

Ces montants demeurent évidemment des projections, et non des informations sur des offres actuellement déposées. Le marché réel peut être influencé par la durée souhaitée, les comparables, la situation de chaque équipe et le rapport de force entre les joueurs et leur formation.

Mais les cinq dossiers racontent une histoire intéressante.

Fantilli et Gauthier négocient déjà comme de futures vedettes. Nikishin pourrait obtenir une rémunération de premier plan chez les défenseurs. Bolduc doit encore convaincre avant de toucher le gros lot.

Et Xhekaj?

Pour le défenseur du Canadien, le prochain contrat sera moins une récompense pour ce qu’il a accompli qu’un pari sur ce qu’il peut encore devenir.

C’est peut-être justement ce qui en fait le dossier le plus important à court terme pour Montréal.

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