L’ÎLE-BIZARD — Il était évidemment question de golf et de santé mentale, jeudi matin, dans le cadre du tournoi de la Fondation Asista, dont Nick Suzuki est ambassadeur depuis quatre ans.
Le capitaine des Canadiens de Montréal a discuté de l’importance des chiens d’assistance pour apaiser la détresse psychologique et les contrecoups d’une pression parfois insoutenable avec laquelle certains athlètes professionnels doivent composer.
Puis, inévitablement, Suzuki s’est retrouvé à parler hockey.
Et le capitaine du Canadien a livré un message particulièrement intéressant sur la suite des choses : Montréal croit à son groupe. La progression devra toutefois passer par un niveau d’exécution encore plus élevé.
Une leçon apprise au printemps dernier et enseignée, entre autres, par les Hurricanes de la Caroline.
« Je pense que cela s’est un peu manifesté quand nous avons joué contre la Caroline, juste à quel point ils étaient détaillés et à quel point ils étaient branchés. »
La réponse de Suzuki résume assez bien le défi qui attend le CH, qui ne consiste pas nécessairement à devenir une équipe complètement différente, mais à devenir une meilleure version d’elle-même.
« C’est la prochaine étape pour nous, juste prendre notre jeu et en faire la meilleure version possible, avec chaque détail qui entre dans notre façon de jouer. Je pense qu’il y a encore de la place pour la croissance pour nous et, si nous y parvenons, ce sera une équipe difficile à battre. »
La Caroline comme leçon
Le parcours du Canadien au printemps dernier a changé les attentes autour de l’équipe.
Le jeune groupe a démontré qu’il pouvait rivaliser, gagner et survivre à la pression des séries. L’élimination a également permis aux joueurs de constater l’écart qui peut encore exister entre une bonne équipe et une formation capable de pousser son jeu jusqu’au dernier niveau.
Pour Suzuki, la réponse se trouve dans les détails. La chimie entre les joueurs, l’exécution et la constance.
« Les gars s’améliorent. Beaucoup de travail a été accompli pendant l’été. »
Le capitaine ne promet évidemment rien. Il reconnaît plutôt qu’il existe encore une marge de progression à l’intérieur même du groupe. C’est probablement l’un des aspects les plus intéressants de son discours.
Le Tricolore n’attend pas uniquement que des renforts arrivent de l’extérieur.

Il attend également que ses propres joueurs franchissent une nouvelle étape.
Suzuki parle d’un groupe qui a vécu une longue aventure au printemps, qui a maintenant une meilleure idée de ce qui est nécessaire pour aller encore plus loin et qui devra transformer cette expérience en progression.
« Si nous y parvenons, ce sera une équipe difficile à battre. »
Sur le plan de l’effectif, Suzuki a brièvement commenté les rôles d’Arber Xhekaj et de Zachary Bolduc, tous deux dans l’attente d’un nouveau contrat.
« Ce sont deux joueurs très importants. Zach a eu une bonne année. Il a progressé durant la saison et en séries. Évidemment, Arber est une pièce importante dans notre vestiaire et sur la glace, a-t-il mentionné.
« J’espère qu’ils pourront tous les deux régler ça. Il y a encore beaucoup de temps, donc j’ai très confiance. »
Une journée qui dépasse largement le hockey
Avant de parler du Canadien, Suzuki était toutefois à L’Île-Bizard pour une raison beaucoup plus personnelle.
La Fondation Asista occupe une place grandissante dans sa vie depuis l’an dernier. Le capitaine du CH a notamment vécu de près le processus d’accueil et d’entraînement d’un chien d’assistance.
Et il a pu constater directement l’impact de leur travail.
« Ayant un chien d’assistance moi-même, je vois les avantages. Je vois des gens traverser des moments difficiles en rencontrant ces chiens et cela fait une énorme différence pour eux. C’est vraiment génial d’en faire partie. »
Son implication ne s’arrête d’ailleurs pas à cette deuxième présence au tournoi.
« Je vais maintenant faire partie de ça et essayer de faire grandir la fondation et de sensibiliser davantage les gens. »
Pour Suzuki, l’expérience est devenue beaucoup plus concrète qu’une simple association avec une œuvre caritative.
Il a suivi le processus et il a vu Ruby évoluer.
Ruby a maintenant son diplôme
Les partisans du Canadien ont d’ailleurs pu apercevoir Ruby à quelques reprises, notamment au Centre Bell.
Le chien, qui faisait partie de l’histoire lors de la première édition du tournoi, a maintenant franchi une étape importante.
Après avoir complété son entraînement, Ruby a obtenu sa certification il y a quelques mois.
Elle est désormais prête à travailler comme chien de service en établissement.

Son rôle pourra l’amener dans différents milieux, auprès d’équipes d’intervention et de personnes confrontées à des situations de crise.
Une nouvelle réalité pour Ruby. et une source de fierté évidente pour Suzuki, qui a participé au processus en tant que famille d’accueil.
Cette expérience lui a surtout permis de comprendre encore davantage la portée du travail réalisé par la Fondation Asista.
Les chiens d’assistance peuvent jouer un rôle déterminant auprès de personnes qui vivent des moments particulièrement difficiles.
La santé mentale demeure au cœur de cette mission.
« On ne peut pas assez insister sur la santé mentale derrière l’uniforme », a-t-on rappelé au cours de la journée.
Une référence directe aux personnes qui travaillent notamment dans les services d’urgence et les professions où la pression quotidienne peut être immense.
Le hockey et ces réalités sont évidemment deux mondes différents. Suzuki a toutefois lui aussi une compréhension très concrète de ce que signifie porter un uniforme et évoluer quotidiennement sous les projecteurs.
Comme capitaine du Canadien, la pression fait partie du travail.
Et la prochaine saison ne devrait pas lui en enlever.
Le Canadien ne pourra plus surprendre
Le long parcours du printemps dernier a changé la perception du CH. Les attentes seront différentes. Les adversaires connaîtront mieux cette équipe.
Suzuki et ses coéquipiers devront démontrer que leur dernière saison n’était pas simplement une belle histoire. Ils devront la confirmer.
C’est là que les propos du capitaine prennent tout leur sens. Car, il ne parle pas d’une révolution, mais bien de croissance.
Il ne parle pas d’un raccourci; il parle de détails.
La Caroline leur a montré à quel point une équipe peut être efficace lorsque tous les joueurs sont « connectés » et lorsque chaque aspect du jeu est exécuté avec précision.
Le Canadien a maintenant tout un été pour intégrer cette leçon.
Et, jeudi, entre deux coups de golf et une journée consacrée à une cause qui lui tient manifestement à cœur, Suzuki a offert un aperçu assez clair de son état d’esprit.
À l’extérieur de la patinoire, il veut aider la Fondation Asista à prendre de l’ampleur et à faire connaître davantage les bienfaits des chiens d’assistance.
Sur la glace, l’objectif est tout aussi clair. Prendre le groupe actuel, en tirer davantage et éliminer les détails qui séparent encore le Canadien des équipes les plus complètes.
La Caroline leur a donné une leçon. Nick Suzuki espère maintenant que le Canadien saura en faire quelque chose.
« Il y a encore de la place pour la croissance », a-t-il résumé.
Et si le capitaine a raison, Montréal pourrait effectivement devenir « une équipe difficile à battre ».

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