À quelques jours du début de la saison, Martin St-Louis ne veut pas que les jeunes espoirs des Canadiens de Montréal se laissent distraire par la composition actuelle des groupes ou par les contrats déjà accordés. Pour l’entraîneur-chef, une place dans la LNH ne se gagne pas en une seule journée, mais chaque journée peut contribuer à la décrocher.
« Pour eux, chaque jour est important. Peu importe dans quel groupe tu es, il y a toujours une opportunité », a assuré le pilote lavallois à l’issue de l’entraînement de mercredi. à Brossard.
Le message de St-Louis s’adresse particulièrement aux joueurs qui n’étaient pas avec le grand club la saison dernière et qui tentent de forcer la direction à revoir ses plans.
Le camp écourté ne doit surtout pas devenir une excuse.
« Il faut qu’ils contrôlent ce qu’ils sont capables de contrôler, affirme St-Louis. Chaque jour, c’est une opportunité. Il y a peut-être des gars qui ne commenceront pas ici. Ça ne veut pas dire qu’ils ne joueront pas ici. Ça ne veut pas dire qu’ils n’auront pas une carrière dans la Ligue nationale. »
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Jamais repêché, St-Louis parle d’expérience. Avant de devenir un joueur étoile de la LNH, le Québécois a lui aussi connu les regroupements où son nom n’apparaissait pas avec ceux des joueurs du circuit Bettman.
Il sait donc exactement ce que peuvent ressentir les jeunes qui voient une porte se fermer momentanément.
« Je me souviens quand ils séparaient les équipes (au camp), je n’étais pas dans le groupe de la LNH. »
La suite de son message est probablement encore plus importante pour les joueurs qui vivent actuellement cette situation.
« Les choses peuvent fonctionner. Si tu es mentalement là, tu dois juste être plus fort et ton mental doit être plus fort que ce que tu ressens. Oui, c’est décevant, mais tu dois continuer à pousser et les choses peuvent fonctionner. »
Un rappel qui prend une dimension particulière venant d’un entraîneur qui a lui-même dû emprunter un chemin beaucoup moins direct vers la LNH.
Pas de recette secrète
St-Louis refuse d’ailleurs de chercher une formule magique pour les jeunes qui tentent de s’établir.
« Il n’y a pas de sauce secrète. C’est juste du travail consistant et d’être discipliné à travers ton travail, ton processus. »
Et selon lui, la différence entre simplement goûter à la LNH et y faire carrière est énorme.
« De partir d’actuellement jouer un match dans la LNH à devenir un régulier, c’est un autre niveau. Donc, tu dois avoir un processus consistant qui élève ta capacité à avoir une carrière. Et avoir une bonne campagne, c’est génial, mais ce n’est pas suffisant. »
C’est précisément pourquoi St-Louis insiste sur la réaction quotidienne des joueurs.
« Tu as eu un bon match? Bien, qu’est-ce que tu fais aujourd’hui? Tu as eu un mauvais match? Bien, qu’est-ce que tu fais aujourd’hui? Pour moi, tous les jours, on commence à s’entraîner. »
Forcer la porte
La profondeur actuelle des Canadiens complique évidemment la tâche de ceux qui espèrent percer. St-Louis estime toutefois que cette compétition constitue un problème positif pour l’organisation.
« Il y a beaucoup de gars qui poussent et je pense que c’est un bon problème. »
Les contrats déjà accordés ne doivent pas non plus décourager les jeunes. La seule véritable stratégie, selon St-Louis, consiste à rendre leur présence impossible à ignorer.
« Les contrats, ça fait partie de ça, mais il y a des choses qui peuvent changer. Il y a différentes manières de faire de la place, mais ça part toujours avec l’individu. Il faut qu’il force la note. »
Et pour y parvenir, il faut d’abord croire qu’on mérite sa place.
« Il n’y a rien de mauvais en pensant que tu es meilleur que certains gars. Si tu n’as pas ça, c’est vraiment difficile de trouver ta place. C’est peut-être de penser que tu es meilleur parfois, même si tu ne l’es pas. C’est OK. »
Un discours qui ressemble beaucoup au parcours de l’homme qui le livre. Pour les jeunes du camp, la porte n’est peut-être pas encore ouverte. Aux yeux de St-Louis, le plus important est de continuer de cogner.
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