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Lewis Hamilton ne décolère pas : «Je veux gagner»

La frustration était palpable chez Lewis Hamilton dimanche à Zandvoort. Convaincu que Ferrari avait laissé filer une occasion de monter sur le podium, le septuple champion du monde n’a pas caché son irritation à la radio. Fred Vasseur, lui, assure que les décisions prises par la Scuderia répondaient à une logique stratégique précise.

Le Britannique n’a pas quitté le Grand Prix des Pays-Bas avec le sourire. Quatrième au terme des 72 tours de la course de Zandvoort, le pilote de Ferrari a longtemps semblé en mesure de jouer une place sur le podium, mais plusieurs décisions prises par son écurie l’ont laissé perplexe — et surtout frustré.

Dès le 43e tour, Hamilton s’est retrouvé derrière son coéquipier Charles Leclerc alors qu’il estimait disposer d’un rythme supérieur et d’une stratégie différente. Leclerc est demeuré en piste un tour supplémentaire avant de rentrer aux stands, une décision qui a immédiatement fait réagir Hamilton.

« Belle perte de temps, les gars », a lancé le Britannique à la radio, visiblement agacé par les secondes perdues derrière son coéquipier.

La frustration ne s’est toutefois pas limitée à cet épisode.

Plus tard dans la course, alors que la stratégie de Ferrari demeurait difficile à décoder, Hamilton a également demandé à son équipe si elle était en train de l’utiliser comme « cobaye (guinea pig) ». Il a finalement effectué son arrêt sous une voiture de sécurité virtuelle tardive, mais le délai accumulé auparavant avait déjà compromis ses chances de rejoindre le podium.

Hamilton a terminé quatrième, à moins d’une seconde de George Russell, troisième.

« Je suis ici pour gagner »

Après la course, Hamilton a néanmoins pris soin de replacer ses critiques dans leur contexte. Pour lui, il ne s’agissait pas simplement d’une colère dirigée contre Ferrari, mais d’une conséquence directe de son ambition.

« Je veux gagner, s’est-il défendu en comparant la situation à celle vécue chez Mercedes durant les derniers tours.

L’écurie allemande avait rapidement demandé à George Russell de laisser passer Kimi Antonelli, mieux chaussé et mieux placé stratégiquement. La consigne avait été exécutée sans délai.

C’est précisément cette rapidité qui a irrité Hamilton.

Chez Ferrari, il estime que la situation aurait pu être gérée différemment compte tenu de sa stratégie et de celle de Leclerc. Il a d’ailleurs indiqué qu’il préférait régler la question avec son équipe à huis clos plutôt que de poursuivre le débat publiquement.

Et le contexte rend cette frustration encore plus compréhensible : Hamilton demeure dans la lutte au championnat et ne veut manifestement plus laisser échapper le moindre point.

Vasseur : une décision volontaire

Fred Vasseur n’a toutefois pas voulu laisser croire que Ferrari avait simplement improvisé.

Au contraire, le directeur de la Scuderia a expliqué que l’écurie avait volontairement gardé certaines informations stratégiques pour elle afin de ne pas dévoiler son plan aux concurrents.

Ferrari souhaitait notamment conserver Hamilton en piste jusqu’à la fin de la course dans l’espoir de bénéficier d’une éventuelle neutralisation. La voiture de sécurité virtuelle survenue tardivement a finalement permis à l’équipe de mettre cette stratégie à exécution.

« Nous ne voulions pas lui dévoiler la stratégie à ce moment-là, parce que nous ne voulions pas la révéler aux concurrents », a expliqué Vasseur.

Selon lui, l’objectif était donc clair : conserver une marge stratégique et attendre le moment opportun.

Le problème est que, du point de vue de Hamilton, cette stratégie a aussi entraîné une perte de temps bien réelle.

Une « confusion » chez Ferrari

Vasseur a également reconnu qu’un certain flou avait entouré l’arrêt de Leclerc.

Le Monégasque devait initialement rentrer aux puits, mais Ferrari a finalement prolongé son relais d’un tour. Vasseur a qualifié la situation de « confusion », tout en affirmant ne pas être inquiet.

La gestion des pneumatiques a également compliqué le travail du muret Ferrari. Les différences entre les gommes se sont révélées moins importantes que prévu à Zandvoort, rendant plus difficile l’évaluation de la stratégie optimale.

« Parfois, nous devons changer la stratégie ou nous adapter parce que nous essayons d’apprendre des autres », a résumé Vasseur, reconnaissant que ce genre de situation peut être frustrant pour les pilotes.

Ferrari doit maintenant transformer le potentiel en résultats

Le plus intéressant dans cette affaire est peut-être que Hamilton n’a pas remis en question le potentiel de sa voiture.

Au contraire, il a salué la performance de Ferrari, estimant que la Scuderia possède suffisamment de vitesse pour se mêler régulièrement à la lutte avec Mercedes et McLaren. Il a toutefois souligné l’écart de puissance qui demeure dans les lignes droites, Mercedes gagnant selon lui environ quatre dixièmes de seconde dans ces portions.

C’est donc moins la performance brute de Ferrari qui inquiète Hamilton que sa capacité à exploiter chaque occasion.

À Zandvoort, Ferrari a terminé quatrième et cinquième avec Hamilton et Leclerc, tandis que Lando Norris a remporté l’épreuve devant Kimi Antonelli et George Russell. Antonelli possède maintenant une avance de 59 points sur Hamilton et Russell au championnat.

La frustration de Hamilton n’est donc pas anodine. À l’approche du Grand Prix d’Italie, à Monza, le Britannique veut visiblement une Ferrari capable de prendre des décisions aussi rapidement que ses rivales.

Parce que lorsque le championnat se joue à quelques secondes, une stratégie peut faire la différence entre une quatrième place frustrante et un podium.

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