Dimanche après-midi, Martin St-Louis s’est réveillé d’une sieste alors que le match entre les Red Wings de Detroit et le Wild du Minnesota était à égalité 4-4.
Le pointage était de 4-1 avant qu’il ne s’assoupisse.
Le pilote des Canadiens de Montréal et ses hommes n’ont que Kirill Karprizov à remercier. Le Russe a enfilé son troisième filet du match avec moins de deux minutes à faire, ce qui s’est avéré le but vainqueur qui a propulsé le Tricolore en séries.
Contrairement à l’an dernier, lorsque l’équipe s’est qualifiée à la toute fin du calendrier régulier, les joueurs connaissent leur sort avec six matchs à disputer.
Cela ne signifie pas que St-Louis diminuera la cadence ou qu’il reposera ses canons. L’entraîneur-chef connait trop bien les dangers d’une telle stratégie.
«Je ne pense pas que ça va changer grand-chose. On est encore dans une place où on peut gagner notre section, on peut aller chercher l’avantage de la glace à la maison. Tu sais, de baisser le niveau, d’attendre, puis là de dire ‘OK, les séries commencent, il faut remonter ça’. Je pense que c’est un piège, ça. Il faut que tu fasses attention, a-t-il expliqué après la rencontre pascale.
«Les gars ont des bobos ici et là, ça se peut-tu qu’on aide les gars? Ça se peut…»
Il n’en demeure pas moins que le Bleu-blanc-rouge a accompli un fait d’arme extrêmemnt difficile en 2025-2026 avec un classement des plus congestionnés. La parité est sans pitié et une petite séquence de défaites suffit pour barrer la route à une formation prétendante.
Parlez-en aux Red Wings de Detroit, aux Blue Jackets de Columbus et aux Islanders de New York, qui devront se battre avec l’énergie du désespoir pour ravir l’une des places parmi les équipes repêchées.
St-Louis et ses hommes ont trouvé une façon d’éviter une position fâcheuse et la récente série de huit victoires – la plus longue depuis octobre 2015 – y est pour beaucoup.
«Je suis très fier du groupe, a mentionné l’instructeur en chef. On a atteint notre but. C’est quelque chose dont on parle depuis six mois au camp d’entraînement. On a une opportunité de ne pas être satisfait et d’essayer d’aller chercher quelque chose d’encore plus gros, plus gros que notre but. On va être calculé, mais… Je ne veux pas baisser le niveau, puis après ça (dire) ‘il faut remonter ça, les séries commencent’.»
«C’est une sensation bien différente de l’an dernier, a affirmé Josh Anderson après la défaite de 3-0 face aux Devils du New Jersey. Mais il ne faut surtout pas relâcher nos efforts. On a encore quelque chose à prouver et on se bat pour l’avantage de la glace, alors chaque match compte.»
Les jeunes font partie de l’élite
Les Canadiens abordent les séries éliminatoires de la Coupe Stanley après avoir figuré parmi les trois premières équipes du circuit pour le plus grand nombre de points marqués par des joueurs de 23 ans ou moins cette saison.
Le record de points combinés pour des joueurs de 23 ans ou moins lors d’une première ronde des séries éliminatoires est de 43, établi par les Oilers d’Edmonton de 1982, alors qu’ils comptaient neuf joueurs dans cette tranche d’âge, dont Wayne Gretzky, Jari Kurri, Glenn Anderson, Mark Messier et Paul Coffey .
Les Canadiens participent aux séries éliminatoires deux saisons de suite pour la première fois depuis 2020 et 2021, saison qui s’est conclue par un parcours jusqu’en finale de la Coupe Stanley. Montréal compte encore six joueurs dans de cette finale dans son noyau, dont Nick Suzuki, qui a mené les Canadiens au chapitre des points avec sept buts et 16 points en 22 matchs.
«En arrivant à la patinoire, l’ambiance était excellente, a déclaré le capitaine. Depuis le début du camp d’entraînement, notre objectif était de retourner en séries et nous l’avons atteint. Mais il nous reste des matchs importants à disputer pour tenter d’obtenir l’avantage de la glace et, si possible, la première place de (l’Atlantique).»
Lane Hutson menait le CH le printemps dernier avec cinq points en autant de joutes au premier tour des séries. S’il maintient ce rythme, il pourrait devenir l’un des défenseurs les plus rapides de l’histoire de la LNH à atteindre 10 passes en éliminatoires – cinq défenseurs l’ont fait en 10 matchs ou moins.