«Qui est ton joueur préféré?» : Pour une majorité de partisans du Lausanne HC, en Suisse, la réponse est évidente et elle concerne un Québécois aux racines Suisse : Théo Rochette.
L’ancien capitaine des Remparts de Québec a droit à un traitement de vedette en Ligue nationale A. Fort de son contrat de cinq ans que le club lui a consenti cet été, l’organisation mise sur cet attaquant de talent pour son succès comme pour sa vente de vêtements : le club a lancé une marque à son effigie (#90) et les admirateurs se bousculent devant la boutique du Vaudoise Arena pour en acheter.
«J’ai vu passer ça, oui. Je ne connais pas les chiffres de vente, mais j’en ai entendu parler un peu, raconte Rochette à La Page Sportive. Je n’ai pas tous les détails. Ils m’ont dit qu’il y avait une forte demande. Mes amis qui viennent aux matchs me disent : ‘on a tellement vu de chandails de toi !’. C’est flatteur que les gens m’apprécient.»
Né d’un père québécois et d’une mère française dont le destin s’est croisé au pays des Helvètes, Rochette a passé la moitié de sa vie au pays des horloges et du chocolat. Ses frères et sœurs y habitent aussi désormais.
Il a grandi dans le hockey mineur suisse, dans lequel son père a gravité. Âgé de 23 ans, il flirte avec le top 5 des marqueurs. Il est ainsi l’enfant chéri idéal pour le marketing à Lausanne.
«En avant de l’aréna, les jours des matchs, si on a des signatures d’autographes, il y a deux ou trois joueurs m’agacent parce que je suis un des plus jeunes du club. Les gars qui parlent français, on est en demande, dit celui qui figure parmi trois célibataires de l’effectif.
«On a pas mal de temps à tuer !»
C’est plutôt inhabituel de mettre un joueur à l’avant-plan à la place du logo en LNA, mais le club vaudois ne pouvait laisser passer l’idée… et elle rapporte.
«Dans l’histoire récente du LHC, aucun joueur n’avait atteint une telle cote de popularité en si peu de temps, a expliqué Michael Pattaroni, responsable communication du club au média 24H. Ça s’est d’abord traduit par une forte demande de maillots floqués à son nom. Nous nous sommes alors demandé si nous pouvions décliner cet engouement sous forme de merchandising.
«Le hockey reste un sport collectif, avec ses codes et ses valeurs, mais d’un point de vue commercial, il nous semblait intéressant de tenter l’expérience. Les résultats nous ont rapidement donné raison.»
De la Coupe Memorial à Lausanne
À sa dernière année junior, Rochette a soulevé le trophée de la Coupe Memorial en compagnie de son bon ami, Zachary Bolduc. Il a récolté deux aides dans la victoire de 5-0 au match décisif face aux Thunderbirds de Seattle.
Pendant que son camarade de trio trifluvien se préparait à rejoindre l’organisation des Blues de St. Louis, le capitaine rêvait aussi de mettre le cap sur la Ligue nationale de hockey, sans trouver preneur au repêchage. Il a décroché des invitations au camp des Maple Leafs de Toronto, puis des Flyers de Philadelphie par la suite, sans que rien n’en découle. Il a beau adhéré au vedettariat en Europe, il rêve à l’Amérique.
«Mon but est de jouer un jour dans la LNH et j’essaie de m’améliorer, avoue-t-il. Oui, je suis un gars offensif, mais je suis prêt à tout faire pour aider l’équipe à gagner. J’ai perdu (en vue de la) Coupe Memorial et j’ai perdu ici. Je peux jouer dans des équipes gagnantes et ça m’aide beaucoup dans l’expérience que j’acquière.»
Le téléphone de son agent nord-américain, Olivier Fortier, a sonné quelques fois. De l’intérêt, mais pas d’avancées.
«J’ai eu des discussions avec quelques équipes, mais rien de concret. Je n’ai jamais eu d’offre. C’était plus des discussions pour d’éventuelles offres si elles étaient intéressées.»
La vitesse à laquelle il élève son niveau de jeu à Lausanne pourrait toutefois changer la donne. Plus discret en 2023-2024, Rochette était le meilleur pointeur de l’équipe lorsqu’elle a plié l’échine en finale devant les Lions de Zurich une deuxième année de suite, la saison dernière.
«Moi c’est sûr que depuis que je suis ici, je veux faire tout pour aider l’équipe. Ce n’est jamais arrivé qu’elle gagne un titre en “National League” et l’objectif est de gagner ici, informe-t-il.
«J’aimerais un jour jouer dans la LNH. J’ai vécu beaucoup de déception dans le passé avec le repêchage. Je suis à une étape où je ne m’en fais plus avec le futur. J’avance petit à petit. Si ça n’arrive pas, je vais tout faire pour aider cette équipe.»
Cet article a été publié dans les éditions de Villeray et du Plateau-Mont-Royal/Outremont du 17 novembre.