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Canadiens

L’espoir du CH Vinzenz Rohrer «traverse un creux» en Suisse

L’Autrichien a été l’un des derniers joueurs retranchés au camp du Tricolore cet automne.

L’espoir des Canadiens de Montréal Vinzenz Rohrer est le premier à l’admettre : il n’a pas une saison à tout casser en Suisse.

L’attaquant des Lions de Zurich, un marchand de vitesse de 5 pi 11 po, préfère ne pas s’y attarder. N’empêche qu’il aimerait noircir la feuille de pointage plus souvent.

«Je suis rendu à quoi ? Deux buts ?», demande le choix de troisième tour en 2022 à l’auteur de ces lignes en s’esclaffant, alors qu’il profite d’une rare soirée de repos.

«Mon rôle n’a pas vraiment changé. Ce n’est pas la cause vraiment, j’ai beaucoup de chances de marquer et j’en crée beaucoup. Je ne suis juste pas très efficace pour finir les jeux (présentement).

«J’obtiens beaucoup de chances, mais je ne marque pas. Parfois, c’est ça le hockey. Je ne pense pas qu’il y ait une grosse barrière mentale qui explique les causes. C’est comme ça. Ça arrive.»

Au camp du Tricolore, cet été, l’Autrichien a fait partie d’une vague de 25 retranchements. Le 28 septembre, il se rendait à l’entraînement à la Place Bell. Une convocation avec Jeff Gorton et Kent Hughes l’attendait. Après une courte rencontre, il a pris l’avion vers Zurich avec une certaine déception.

Peu importe le rendement des Lions, il n’est pas impossible de revoir Rohrer à Montréal en fin de saison, selon ses dires.

«Laval, c’est assurément une option cette année.»

Déçu de sa production

Quelques mois après avoir apposé sa signature à un premier contrat professionnel avec le Bleu-blanc-rouge, il veut et doit prouver que son développement progresse à tous les niveaux. Un poids pèse sur ses épaules, par contre.

Les responsabilités qui lui sont confiées sont surtout en infériorité numérique et en fin de match, lorsque l’équipe protège son avance. C’est donc plus dur de contribuer offensivement.

«Ma production est dans ma tête, admet-il. Plusieurs joueurs le vivent. Je mentirais en vous disant que je n’y pense pas. Mais après un match, je me pose plus des questions à savoir si j’ai bien joué. Honnêtement, la plupart des matchs, je sors de l’aréna satisfait.

«Il y a des choses plus importantes que les statistiques. Les premiers points, il sont toujours dans la tête, et tu veux que ce soit différent.»

De nature très terre à terre et posée, Rohrer souligne un aspect de son jeu qui pourrait changer la donne. Après tout, il précise qu’équilibrer toutes les facettes de son jeu est l’objectif.

«L’an dernier, j’ai inscrit 15 buts. Ce n’est pas dur de constater que je traverse un creux. Quand je sors d’un match, je me dis que je suis satisfait, mais je n’ai pas beaucoup de points.

«Je me dis que la prochaine fois, ce sera mieux. C’est frustrant, mais des fois, c’est comme ça.»

Quand le jeune homme a le moral dans les talons, il peut se confier à son ami David Reinbacher, choix de premier tour du Tricolore en 2023 et défenseur du Rocket de Laval. Il se tourne aussi vers son journal intime pour faire le vide.

Il peut aussi demander conseil à son père, Niklas, ancien joueur de tennis professionnel dans un sport individuel où l’aspect mental est indispensable aux performances.

«Je ne lui demande pas vraiment son avis, admet-il. Ni dans le sport ni de façon générale. Pour moi, ce qui est bien, c’est que peu importe comment je joue, ça importe peu pour lui. Il m’a toujours fait sentir que, peu importe ce que je fais, le bonheur est ce qui est le plus important.

«Quand t’es un enfant, de ressentir ça de ton père, c’est bien. Ce n’est pas toujours comme au hockey. Il y a assez de pression. C’est comme ça que je veux être avec mon enfant lorsque je serai père.»

Rohrer a aussi un allié chez les Canadiens.

«Le recruteur européen Lauri Korpikoski était ici la semaine dernière. On est allé souper. Il reviendra en janvier. Il est mon principal contact avec l’organisation. Rob Ramage aussi à l’occasion.

«On a parlé de hockey et des choses dans ma vie, comment je me sens, puis de mon jeu depuis mon retour à Zurich.»

Des Lions peu affamés

Les Lions viennent de coller deux championnats d’affilée en Ligue nationale A. La présente campagne est plus difficile : à son 31e match de la saison, le club se situait au septième rang et à 22 points du premier rang avant les matchs de vendredi.

Les joueurs se regardent dans le blanc de yeux et cherchent à renverser la vapeur.

«On veut un autre championnat, assure-t-il. Tout le monde veut que ça change. Ce n’est pas aussi facile qu’on le pensait. On en arrache depuis quelque temps. On a des idées pour s‘en sortir. J’espère qu’on y parviendra.»

L’équipe a aussi changé d’entraîneur. Marc Crawford a pris un pas de recul pour s’occuper de santé mentale et Marco Bayer lui a succédé.

Ce changement d’instructeur en chef est contrasté : Crawford est de la vieille école, tandis que Bayer est un homme à l’écoute.

«C’est une grande différence. Marc était bruyant, du genre ‘dans ta face’ (in your face). Il est exigeant avec certains gars. C’est ainsi qu’on reconnait Marc dans sa carrière. Marco est plus impliqué auprès des joueurs et demande leur avis. Il est moins bruyant.»

L’Autriche a été éliminée en tournoi de qualification olympique et ne participera pas aux Jeux de 2026. Rohrer dit ne pas avoir de plans concrets en équipe nationale à l’heure actuelle, mais que ce sera une décision spontanée.

Cet article a été publié dans les éditions du Plateau-Mont-Royal/Outremont et de Villeray du 8 décembre dernier.

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