Max Scherzer a peut-être disputé le dernier match de sa carrière dans les ligues majeures, dimanche, mais le vétéran des Blue Jays de Toronto a quitté le terrain à son image : avec intensité, détermination et une bonne dose d’émotion.
À 42 ans, le lanceur droitier a offert une performance mémorable dans une victoire de 5-1 contre les Reds de Cincinnati, au Rogers Centre. À son possible dernier départ en carrière, Scherzer a lancé pendant un peu plus de sept manches, accordant six coups sûrs et un seul point, en plus de réussir sept retraits sur des prises. Il a eu besoin de 114 lancers, malgré seulement trois jours de repos depuis sa précédente sortie.
La performance était déjà remarquable, mais c’est surtout la manière dont Scherzer a vécu les derniers instants de cette rencontre qui a retenu l’attention.
Alors qu’il avait déjà effectué 104 lancers après deux retraits en septième manche, le gérant John Schneider s’est dirigé vers le monticule pour discuter avec son lanceur. Comme il l’a fait à plusieurs reprises au cours de sa carrière, Scherzer n’avait toutefois aucune intention de céder sa place.
Les partisans torontois ont aussitôt hué Schneider, espérant voir leur lanceur poursuivre son travail. Scherzer lui a fait comprendre qu’il se sentait toujours en mesure de continuer, forçant son gérant à retourner au banc.
« Je me sentais illimité », a expliqué Scherzer après la rencontre, évoquant l’adrénaline et l’énergie transmise par les partisans.
Schneider lui a finalement accordé un frappeur supplémentaire, et Scherzer a obtenu le retrait souhaité. Le gérant lui a ensuite permis d’amorcer la huitième manche, avant de retourner au monticule après un but sur balles accordé à Oswaldo Cabrera.
Cette fois, le vétéran a accepté de quitter, non sans prendre le temps de partager une longue accolade avec son gérant.
« Merci de m’avoir permis de faire partie de ton incroyable carrière », lui a lancé Schneider, qui a également plaisanté en affirmant qu’il ne voudrait d’aucun autre « psychopathe de 42 ans » dans son équipe.
Scherzer a ensuite reçu une ovation debout du public du Rogers Centre. Visiblement touché, il a salué les spectateurs avant de retrouver ses coéquipiers, qu’il a pris le temps d’étreindre un à un. Il a finalement enjambé la clôture du dugout pour rejoindre sa femme, Erica, et leurs enfants dans les gradins.
« Être un Blue Jay ici, ça a été formidable. J’ai eu tellement de plaisir. Je dis à tout le monde dans la ligue que Toronto est un joyau caché. On ne le réalise pas avant d’en faire l’expérience », a-t-il confié.
Cette sortie pourrait marquer la fin d’un parcours de 19 saisons dans les majeures, ponctué de trois trophées Cy Young et de deux conquêtes de la Série mondiale. Scherzer a terminé la rencontre avec 3557 retraits sur des prises en carrière, à seulement trois de Justin Verlander et du huitième rang de l’histoire.
Le lanceur n’a toutefois pas encore pris de décision concernant son avenir. Il souhaite prendre du recul avant de déterminer s’il poursuivra sa carrière en 2027.
Même l’entraîneur des Reds, Terry Francona, a tenu à saluer sa performance, soulignant notamment sa capacité à revenir au jeu sur un court repos et à maintenir une telle intensité après autant de manches lancées en carrière.
Dans une saison difficile pour Toronto, cette victoire de fin de campagne a ainsi pris une dimension particulière. Si Scherzer décide de ne pas revenir, il aura offert aux partisans une dernière démonstration de ce qui a fait sa renommée : un compétiteur qui refuse de remettre la balle tant qu’il croit pouvoir encore faire le travail.