Le retrait de Brendan Gallagher de la formation des Canadiens de Montréal a eu des répercussions jusque dans le vestiaire. S’il est impossible de savoir à quel point le petit guerrier aurait changé l’issue du match de samedi à lui seul, l’effet de son absence est, elle, indéniable.
Martin St-Louis a prévenu avant le match qu’il s’agissait pour lui d’une décision «difficile» et on le croit sur parole. De compter sur autant de profondeur à l’attaque et le fait de vouloir insérer Alexandre Texier parmi les 12 attaquants a forcé l’entraîneur-chef à trancher.
L’instructeur en chef a évoqué une «intelligence émotionnelle» comme faisant partie intégrale de la culture du Bleu-blanc-rouge.
Après la défaite de 4-2 dans un spectacle de Macklin Celebrini, samedi, Josh Anderson a été émotif dans ses réponses sur le sujet.
«C’est vraiment dur. Ce gars-là a le logo dans son sang. Ce qu’il représente pour notre équipe, sur la glace comme à l’extérieur. C’est vraiment dur. Je ne sais pas quoi dire de plus. On l’adore tous. On sait tous ce qu’il apporte à l’équipe, et c’est difficile.
«Il est un élément essentiel de notre équipe. Il ne fait aucun doute. On ne veut jamais voir un gars comme Gally hors de l’alignement. Oui, c’est moche (it stinks).»
Avant le match de samedi, plusieurs joueurs ont parlé du rôle de leader que mène Gallagher et à quel point son caractère combattif influence la culture d’un (jeune) noyau.
«Il est impressionnant, a fait savoir Cole Caufield. Évidemment, c’est quelqu’un que j’ai toujours admiré en grandissant, et d’avoir la chance d’apprendre à ses côtés, de voir comment il a construit son jeu par lui-même, c’est exceptionnel.
«Son parcours est remarquable. Il a réussi à s’imposer dans la ligue alors qu’il n’était pas parmi les plus grands et il a trouvé sa voie. Ça en dit long sur son caractère. Son leadership est exemplaire, et je pense que tout le monde n’a que des éloges à son sujet. C’est un véritable compétiteur.»
St-Louis aurait sans doute mal accueilli une telle décision d’effectif à l’époque où il s’attirait les éloges de ses coéquipiers et instructeurs. Il a sans doute ruminé sa propre décision à l’égard du numéro 11, en espérant qu’elle offre le résultat escomptée : une victoire.
Heureusement, Gallagher s’est comporté en professionnel en mettant les intérêts de l’équipe avant ses propres sentiments. Il n’a pas fait de vagues même s’il pouvait très bien sentir que la navire vogue vers l’incertitude.
«C’est toujours décevant quand ton numéro n’est pas requis. Une situation un peu particulière. Je n’avais jamais vécu ça auparavant, mais on essaie de faire avec au mieux. Je savais que je jouerais ce soir. Il faut se préparer pour le match. Ça ne veut pas dire qu’on n’est pas déçu, mais on n’y peut rien. Il faut juste faire preuve de professionnalisme et se préparer pour le moment venu, a-t-il déclaré après le match de dimanche – une autre défaite.
«La famille est toujours là pour moi. J’ai un bon soutien, ma femme et ma famille à la maison. J’ai aussi vu des joueurs passer par là. Je suis dans le milieu depuis assez longtemps. Je sais que ça arrive un jour ou l’autre. J’ai vu des joueurs expérimentés gérer ça. Il ne faut pas non plus que ça devienne une obsession et une source de distraction.
«Alors hier, j’ai essayé de prendre du recul, de me concentrer sur mon travail et de me préparer pour aujourd’hui.»
Gallagher réalise qu’il a aussi le soutien de ses frères d’armes. En revanche, il comprend maintenant que rien n’est cimenté pour lui et qu’il devra continuer à se battre pour sa place, comme il le fait à chacune de ses présences sur la glace depuis 13 ans.