Au cours des 10 dernières années, trois des quatre clubs de l’Association de l’Ouest à soulever la coupe Stanley sont issus de la section Centrale. Les Golden Knights de Vegas personnifient l’exception.
L’Avalanche du Colorado y est parvenue en 2022, mais les anciens Nordiques ont ensuite vu leur parcours freiné hâtivement par les Stars de Dallas, leurs grands rivaux, aux premier (2025 ) et deuxième (2024) tours, respectivement.
Ce n’est pas un hasard dans une série «meilleur de sept». Les Texans représentent l’une des équipes les plus redoutables de la LNH en saison régulière comme en séries et une statistique le justifie : ils ont disputé 90 matchs d’éliminatoires depuis 2020 – un sommet dans la ligue.
La question est donc à savoir quand les Stars parviendront à enlever les honneurs en finale pour la première fois depuis 1999. Pour ce faire, nous avons posé la question au recruteur professionnel de l’équipe, qui est aussi spécialiste des données avancées.
«Une question de circonstances, soulève d’abord le Québécois Alex LePore, une tête de hockey qui possède un bagage de plus de 20 ans dans la ligue. Entre les blessures, un peu de ‘puck luck’, les gardiens, l’avantage numérique et le désavantage.
«C’est souvent ça qui fait les différences, mais si tu regardes notre équipe, notre supériorité est parmi les meilleures de la ligue, notre désavantage numérique est parmi les meilleures de la ligue et je pense que personne ne peut douter de nos gardiens.
«Donc, tous les facteurs importants, comme de la profondeur au centre, de bons défenseurs, un bon gardien, de bonnes unités spéciales, c’est ça la recette. Puis partout dans ce que je viens de te nommer, on est fort. Mais il y a d’autres bonnes équipes. Malheureusement, ces bonnes équipes-là sont dans la Centrale…»
Les Stars viennent d’établir une série record de 10 victoires consécutives qui a pris fin la semaine dernière contre… l’Avalanche.
De l’artillerie à Dallas
L’an dernier, le directeur général Jim Nill, l’un des plus respectés du circuit, a réalisé un tour de force en mettant la main sur Mikko Rantanen – un ancien de l’Avalanche qui a connu une campagne de 55 buts en 2023. Le Finlandais a amassé 22 points en 18 matchs des séries au printemps dernier.
«Quand tu as la possibilité d’aller chercher un joueur de ce calibre-là, c’est très, très rare que tu dis non, martèle LePore. À moins que le joueur soit prône aux blessures, à moins qu’il y ait certains facteurs qui t’empêcheraient de l’acquérir, mais ce n’était pas son cas.»
L’ajout d’un joueur d’impact à la période butoir des transactions doit toutefois offrir des assurances aux décideurs, surtout lorsqu’il s’amène pour contribuer au parcours du club qu’il vient aider.
«Souvent, à la date limite, ce qui est audacieux un peu, c’est que tu vas chercher des joueurs et tu ne sais pas combien de temps ça va prendre pour qu’ils s’intègrent au groupe, même s’ils sont de bons gars. Ce sont quand même des humains, ils ont une famille, ils s’en vont dans une ville qu’ils ne connaissent pas, ce sont souvent des gars qui ont des routines.
«Ça fait quel, là, ils changent leurs routines. Il y a beaucoup de facteurs qui viennent en ligne de compte. Ce sont souvent des détails qu’on oublie, mais ça fait une grosse différence. Le joueur a essentiellement un mois et demi pour s’adapter. Ça va vite. Il y a des semaines de deux matchs en deux jours. Il habite à l’hôtel. Il y a beaucoup de facteurs qui viennent en ligne de compte, rappelle LePore.
«C’est quand même éprouvant pour un joueur de s’adapter deux fois à une nouvelle équipe. Dans le cas de Rantanen, l’intégration s’est faite plutôt bien.»
Les Stars ont d’ailleurs ajouté le défenseur format géant Tyler Myers à la date limite des échanges, ainsi que l’attaquant polyvalent Michael Bunting.
Welcome to Texas Hockey, fellas 🤠@budlight pic.twitter.com/80KM1en5YO
— Dallas Stars (@DallasStars) March 9, 2026
Pendant ce temps, leurs rivaux ont aussi fait des ajouts importants.
Des vétérans de tous les âges
Quelques vétérans des Stars ont pris de l’âge et les blessures de guerre – Tyler Seguin le sait trop bien – s’accumulent. Il n’en demeure pas moins que plusieurs bons jeunes joueurs forment le noyau de cette équipe au haut talent offensif.
«Je regarde Roope Hintz, qui est très jeune encore et Miro Heiskenen, qui est avec l’équipe depuis longtemps même s’il est jeune. Thomas Harley est jeune. Esa Lindell est encore dans la vingtaine.
«Wyatt Johnson commence sa carrière. Rantanen est jeune, Jason Robertson est jeune. Jake Oettinger est jeune. Notre noyau, à la base, est encore très jeune.»
Outre le gardien Oettinger, LePore croit que la défense est parmi les plus coriaces du circuit.
«Je considère qu’on a deux numéros un avec Heiskanen. Esa Lindell est peut-être aujourd’hui dans les cinq meilleurs arrières ‘shutdown’ de la ligue. Donc, déjà, le top 3, il est excellent. C’est quand même une profondeur assez importante au niveau de la défensive. Fait que si on a un ou deux blessés, on est quand même capable de s’en sortir.»

Les Stars devront être au sommet de leur art en séries, puisque le Wild du Minnesota et l’Avalanche demeurent dans leurs pattes. Sans mentionner que les Oilers d’Edmonton, finalistes deux années de suite, sont toujours parmi les favoris chaque saison.
«C’est sûr que tu peux toujours améliorer ton équipe. Même le Colorado, qui est premier, je suis sûr que dans leurs rencontres, ils se demandent comment améliorer leur club. Tu peux toujours améliorer ton club. Il y a tellement de facteurs qui viennent en ligne de compte d’autres, comme les blessures, prévient Lepore.
«Nous, il faut qu’on passe nécessairement par Minnesota ou par Colorado pour se rendre à Las Vegas ou Edmonton. La route n’est pas facile, rappelle-t-il.»
Dans le milieu grâce à Trevor Timmins
LePore est au service des Stars depuis 15 ans. Il a entamé sa carrière dans l’organisation des Sénateurs d’Ottawa comme stagiaire au début des années 2000. Il est un des rares à faire carrière comme recruteur sans avoir connu un parcours comme joueur professionnel.
«C’est peut-être la chose dont je suis le plus fier. C’est de ne pas avoir joué dans la ligue et d’avoir été capable d’atteindre 25 ans, admet-il.
«C’est sûr qu’il y a plein de gens qui m’ont aidé à ce niveau-là. Il reste qu’il a fallu que je trace mon chemin. Je te dirais que c’est peut-être ça que dont suis le plus fier. Je n’ai jamais joué dans la NHL. Et comme tu le sais, c’est quand même un circuit qui est relativement fermé.»
Parmi ceux qui ont pris LePore sous leur aile au début de sa carrière, il y a Trevor Timmins. Il a travaillé avec l’ancien directeur du personnel des joueurs et DG adjoint des Canadiens avant qu’il ne s’amène à Montréal.
«Lui aussi, il était passé par peu le même cheminement, donc il comprenait d’où je venais. Je suis resté ami avec Trevor. Pour moi, c’est une tête de hockey incroyable. J’ai appris beaucoup de lui, même si je n’ai pas été longtemps avec lui, puisqu’il est parti après la première année que j’étais là.
«C’est quelqu’un pour qui j’ai le plus gros respect du monde. Lui, il a travaillé fort pour réussir. Trevor et (le DG de l’époque Marshall Johnston ) m’ont aidé, mais c’est lui qui m’a donné ma première chance.»
Cet article est paru dans les éditions LPS de Villeray-Parc-Extension et du Plateau-Mont-Royal-Outremont du 9 mars.
