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Ex-joueur du CH et père d’une quadruple médaillée des Jeux

Yves Sarault raconte l’évolution de sa fille, la quadruple médaillée des Jeux de 2026, Courtney Sarault, et son propre parcours dans l’organisation des Canadiens de Montréal.

Yves Sarault a vu sa fille, Courtney, partir d’un rêve et se nourrir d’ambition depuis aussi longtemps qu’elle chausse les patins.

Ancien choix de troisième tour des Canadiens de Montréal au repêchage de 1991, le patineur originaire de Valleyfield, en Montérégie-Ouest, a rencontré la mère de ses enfants, une ancienne gymnaste, alors qu’il portait les couleurs du club-école de Fredericton, au Nouveau-Brunswick.

Courtney est née à Grand Rapids, dans le Michigan, en avril 2000. Yves évoluait alors avec la filiale des Sénateurs d’Ottawa dans la Ligue américaine.

Ce n’est qu’après l’exil de la famille en Suisse, où le paternel a poursuivi sa carrière de hockeyeur, que la future olympienne a été initiée au patin.

«Elle était toute jeune. Elle avait des petits patins artistiques dans les pieds. On l’avait mis, je pense, quelques fois dans des groupes de patinage artistique, a raconté Yves lors d’un entretien avec LPS depuis ce même pays. 

«Elle n’avait pas trop, trop aimé, je peux dire franchement. Puis après, tout ce qu’elle voulait faire, c’était d’aller vite… le plus vite possible.»

Le frère aîné de Courtney prenait plaisir à partir à sa poursuite, et enchaînait les enjambées pour l’attraper. Ce jeu du chat et de la souris entre frère et sœur a possiblement fait germer un noyau.

«À partir de là, ma femme est revenue à Moncton. Elle a été à la patinoire avec mon garçon et elle a vu un club de courte piste avant l’entraînement de mon garçon. Elle a dit ‘écoute, ça serait peut-être une bonne idée de l’envoyer sur la glace, puis de voir ce qui en adviendrait. Depuis ce temps, elle a adoré.»

Courtney a gravi les échelons dans le programme provincial et son potentiel s’est rapidement démarqué du lot. Aux dires d’Yves, elle avait besoin d’être dirigée par les meilleurs entraîneurs de sa discipline. Une nécessité qui a occasionné un déménagement à Montréal, tel que le suggérait son futur mentor.

Elle a alors dû faire un choix entre deux sports qu’elle affectionnait.

«Le patin, ça l’a accrochée, décrit celui qui a disputé 106 matchs au total dans la LNH. Elle a (bien) performé assez tôt dans ses compétitions. On a continué éventuellement et elle jouait aussi au hockey.

«Elle doit avoir joué au hockey jusqu’à l’âge de 15 ou 17 ans. Elle jouait sur l’équipe provinciale du Nouveau-Brunswick. Puis éventuellement, Marc Gagnon a suggéré que si jamais elle voulait vraiment prendre un pas et s’améliorer dans la discipline, peut-être de réfléchir à déménager à Montréal.»

Une famille unie, mais éloignée

Pendant cette phase de transition, les sacrifices étaient nombreux et n’offraient pas toujours les moments typiques d’une famille unie. Le frère de Courtney a été admis dans un collège privé, tandis qu’Yves dirigeait le club de Lausanne en ligue Suisse.

«La famille était séparée de gauche à droite, admet M. Sarault. On a fait des gros sacrifices familiaux en tant que famille pour Courtney et pour mon garçon aussi, finalement. 

Au bout de la ligne. Aujourd’hui, c’est le fun de voir que ça paye et que les petits sacrifices qu’on a fait de gauche à droite, tous les kilométres qu’on a parcourus – que ma femme a fait majoritairement, franchement.

«Parce que les patinoires ne sont pas aussi près que dans la région de Montréal, dans les maritimes, on voyage beaucoup, beaucoup plus.»

Si les Jeux de Beijing ont été une expérience d’apprentissage en 2022, Courtney s’est présentée plus forte et mieux concentrée à Milan-Cortina, où elle a dérobé quatre médailles : deux d’argent (relais 2000 m, 1000 m) et autant de bronze (500 m, relais 3000 m).

Sans les sacrifices des parents et le travail de l’athlète, les distinctions n’auraient pu se matérialiser.

«Ç’a porté fruit. Puis là, quelques médailles. Elle est fière et, je pense que c’est toujours ce que j’aime d’elle, c’est qu’elle a l’air de rester très humble par rapport à tout ça aussi, a souligné Yves.

«Le fait qu’elle ait eu des hauts et bas par le passé, puis que ça n’a pas toujours été facile. C’est certain que je pense qu’aujourd’hui, elle est une athlète beaucoup plus complète.»

Lancé dans la mêlée grâce à… Patrick Roy

Peu après la conquête de 1993, Yves Sarault jouait sous les ordres du bouillant Paulin Bordeleau chez les Canadiens de Fredericton, le club-école du Tricolore à l’époque.

Un ailier capable de noircir la feuille de pointage tout en offrant du jeu robuste, le choix de troisième tour de l’organisation en 1991 – une cuvée où l’organisation a sélectionné Oleg Petrov et Brian Savage trois et cinq tours plus loin – a eu sa chance au printemps 1995. 

«J’ai été rappelé, je me souviens, avec Mario Roberge, a-t-il raconté à LPS depuis Bâle, en Suisse. On jouait quelques matchs au Forum de Montréal dans le temps, avec le club-école. Bien évidemment, les ‘coachs’ étaient là et le directeur général était là.

«Les vidéos n’étaient pas (répandues). Les DG n’y avaient pas accès autant qu’aujourd’hui, évidemment. Il fallait qu’ils nous voient.»

Mais ce n’est pas un entraîneur ou un dirigeant qui a conseillé aux décideurs de rappeler Sarault. Du moins, c’est ce qu’il a appris plusieurs années plus tard.

C’est Patrick Roy qui a poussé pour que l’attaquant obtienne une chance de se faire valoir dans la formation de Jacques Demers.

«Il a dit, ‘écoute, lui, regarde-le jouer. Je pense qu’il pourrait nous aider. Il a un petit quelque chose. Il frappe, il se donne la peine physiquement et tout’. Finalement, pas longtemps après, j’ai été rappelé par les Canadiens.»

La saison suivante, Demers a informé Sarault qu’il lui offrirait «une vraie chance» de décrocher un rôle au sein de la formation. Malheureusement, les plans ont changé brusquement : Demers a été congédié dans les heures qui ont suivi la discussion.

«C’était un peu la fin de moi aussi à Montréal après son départ, je crois. Mais écoute, c’est comme ça. C’est un monsieur que je respecte beaucoup. C’est un monsieur qui était, je pense, très respectueux. Peu importe qui tu étais dans la ligue, c’était une bonne personne et il y avait une attention spéciale à tout le monde.»

Lorsque Réjean Houle a été nommé DG, il a rapidement conclu une transaction qui a envoyé Sarault et Craig Ferguson aux Flames de Calgary en novembre 1995.

«Je pense que c’est le premier échange de de M. Houle et la nouvelle direction qui était rentrée dans ce temps-là, se remémore-t-il. 

«Franchement, je rigole beaucoup. Je pense qu’il nous avait juste échangé pour savoir comment ça fonctionnait, la paperasse et tout le reste, tu sais, comment ça fonctionnait exactement.»

Peu après, le monde du hockey a tremblé lorsque Roy a été échangé au Colorado. Près d’un an plus tard, cette même organisation a recruté Sarault.

«J’ai signé un contrat. C’est la seule année que j’ai joué dans la Ligue nationale sans faire les va-et-vient entre les mineurs et la LNH. Et, encore une fois, c’est Patrick qui a influencé, je pense, le fait que je sois allé au Colorado.»

Sarault n’a plus de contact direct avec Roy, qu’il ne l’a croisé que quelques fois au cours des dernières années. À ce jour, il dit ne pas avoir eu l’occasion de le remercier.

«J’ai été le saluer quelques fois quand il était venu (avec les Remparts de Québec) jouer quelques matchs vers la fin de la saison quand j’étais de retour à Moncton. Mais non, je n’ai pas de contact avec Patrick, indique-t-il.

«Je n’ai jamais eu la chance de le remercier. De ce que j’ai compris, c’est lui qui a peut-être influencé le début de ma carrière.»

Aux Jeux de Milan-Cortina, plus de 35 ans après que le CH l’a repêché, Sarault a croisé le DG qui lui a offert son premier contrat : Serge Savard accompagnait la délégation canadienne, tout comme son ancien coéquipier Guy Carbonneau.

Ils ont tous pu admirer les exploits extraordinaires de sa fille, Courtney Sarault, qui est rentrée à Montréal avec quatre médailles olympiques au cou.

Cet article est paru dans les éditions de Ahuntsic et Rosemont du 2 mars 2026.

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