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REPORTAGE | Malgré des épreuves, Diane Bibaud a toujours foncé au but

Des relations tumultueuses et une situation financière précaire n’ont pas freiné les ardeurs de la célèbre musicienne.

En bon québécois, Diane Bibaud fait partie des meubles au Centre Bell. Près de 40 ans de métier, des hauts et des bas.

Rien n’est parfait : mais tout se tient, s’étaye, s’entrecroise, pour citer un écrivain français. C’est en quelque sorte un résumé du vécu de la sympathique maestro.

Pas question de faire fausse-note. Et tout ce que Diane Bibaud fixe comme objectif, elle travaille fort pour l’accomplir. 

Du jour où ses parents adoptifs l’ont conduite à leur maison en «un clin d’œil», sa force de caractère lui a ouvert des portes et l’a menée sur la passerelle du Bleu-blanc-rouge : la musicienne et entrepreneure incarne la persévérance.

Sa boutique, Dianorgues, en est l’exemple parfait.

«Avant d’ouvrir en 1987, les gens disaient à mon mari que je ferais faillite, raconte-t-elle. J’ai ouvert avec 650 pieds carrés et 650 dollars de loyer par mois. J’ai dit à mon mari ‘il faut que je donne tant de cours pour subvenir’.

«En 1989, j’ai été voir mon propriétaire et je lui ai dit ‘je t’achète’. Il n’a pas eu le temps d’y penser longtemps…»

Trois ans plus tard, Mme Bibaud a ajouté un étage à l’immeuble. Elle a traversé la Crise d’Oka, l’épisode du verglas, et, plus récemment, la pandémie.

Dianorgues est maintenant le seul commerce de musique de la ville. Aucun n’a survécu aux nombreux tourbillons qui ont déferlé au fil du temps.

«Des tanks passaient ici dans la rue (pendant la Crise d’Oka). Je vendais des harmonicas et des guitares aux policiers. Je sortais avec l’orgue à batterie jouer ‘Dimanche soir à Châteauguay’. On a viré ça en fun.»

Un échec éprouvant

Ce que Mme Bibaud ne possède pas sur le plan affectif, elle le comble dans ses activités professionnelles et passe-temps.

Passionnée de moto et marchande d’instruments de qualité fabriquées au Québec, Mme Bibaud est divorcée depuis une trentaine d’années. La maladie mentale de son ex-époux a pesé lourd dans cet échec conjugal.

«J’ai été mariée avec un homme extraordinaire et bipolaire, malheureusement, confie-t-elle. Ç’a toujours bien été. À un moment donné, il est tombé en amour avec ma secrétaire. Il ne savait pas trop où il s’en allait.

«Un soir je lui ai dit : ‘je ne me couche pas avec une guenille usagée’. Je l’ai mis dehors de la maison, mais on ne s’est jamais chicané.»

Cette rupture a entraîné des problèmes au-delà des états d’âmes qu’éprouvait Mme Bibaud. En un mois, elle a racheté sa part de la maison et sa situation financière en a pris un coup.

«Je suis passée au bord de la faillite parce que je payais tous mes comptes et je ne faisais plus rien. Mon comptable m’a dit : ‘Hey ! Il faut que tu fasses quelque chose !’. Ça m’a réveillée. Mais je lui parle encore.»

La mère de son ex-époux avait également des symptômes s’apparentant à la maladie mentale, selon Mme Bibaud.

«On allait à la messe de minuit et elle virait talons. Mon beau-père (lui en voulait). On ne le savait pas dans ce temps-là. On parle de 1982 ou 1983.

«On sait plus c’est quoi au grand jour. Je trouve ça de valeur. Il m’a appelé cette semaine pour ma fête. Je vais toujours l’aimer. Tu ne peux pas effacer le passé et j’ai été heureuse avec lui.»

Combler l’amour par l’amitié

Mme Bibaud, qui a ensuite passé six ans de vie commune avec un Français qu’elle décrit comme ayant «un caractère différent», s’investit maintenant dans les amitiés qu’elle a tissées.

Parmi elles, une employée de sa boutique qu’elle héberge dans son salon. Il y a vraisemblablement matière à se marcher sur les pieds, mais sa prémisse décrit leur complicité.

«Des fois, l’amitié est plus forte que l’amour, note-t-elle. On peut se chicaner, mais ça fait jamais mal.»

Entre ses engagements au Centre Bell, sa routine au magasin et ses randonnées en moto, Mme Bibaud est comblée par l’amitié. Plusieurs liens ont été tissés dans son magasin.

Les clients et curieux qui fréquentent Dianorgues apprécient l’oreille que Mme Bibaud leur tend lorsqu’ils se confient. Non seulement a-t-elle l’oreille musicale, elle est d’une très bonne écoute.

«Je ne suis jamais seule. C’est le plus beau cadeau de la vie.»

Cet article est paru dans les éditions de Ahuntsic, Saint-Michel, Villeray-Parc-Extension et Rosemont du 2 février.

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