MĂȘme en Suisse, ThĂ©o Rochette trouve le moyen de regarder les matchs des Canadiens de MontrĂ©al. Ce nâest pas diffĂ©rent de lâĂ©poque oĂč il endossait le maillot des Remparts de QuĂ©bec.
La seule diffĂ©rence : son ami et chambreur des beaux jours Zachary Bolduc Ă©tait Ă ses cĂŽtĂ©s; une demi-dĂ©cennie plus tard, il est de lâautre cĂŽtĂ© de lâĂ©cran.
«On se parle quasiment tous les jours, on sâenvoie quelques textos.»
Non seulement le duo Ă©tait insĂ©parable sur la glace, ils sâentraĂźnent ensemble pendant lâĂ©tĂ©. Dâailleurs, le 1er juillet dernier, ils Ă©taient dans une salle dâexercice lorsque le marchĂ© des joueurs autonomes sâest ouvert.
Bolduc lâignorait, mais ses jours avec les Blues de St. Louis tiraient Ă leur fin.
«Câest drĂŽle, parce quâon parlait de toutes les transactions au gym avant quâil se fasse Ă©changer Ă son tour. On est parti et il sâest fait appeler dans lâauto. On venait tout juste de partir, jâĂ©tais Ă 10 minutes du gym. Je nây croyais pas. Je ne lui ai pas parlĂ© tout de suite, parce quâil Ă©tait assez occupĂ©.
«Je lui ai dit âcâest malade, câest les Canadiens de MontrĂ©al!â. En mĂȘme temps, Ă St. Louis, çâavait tellement bien Ă©tĂ© pour lui. Il a fait sa place dans la formation et câĂ©tait bon pour lui. LĂ , câest une chance incroyable quâil a de jouer lĂ .
«Câest toujours spĂ©cial pour un QuĂ©bĂ©cois. Il mâa dit quâil adorait ça.»
Rochette se rĂ©jouit de voir son ancien coĂ©quipier endosser le Bleu-blanc-rouge. Selon ses dires, lâatmosphĂšre fĂ©brile dans laquelle baigne lâĂ©quipe au Centre Bell est palpable. Lâambiance perce lâĂ©cran.
«Il Ă©tait tellement content (aprĂšs lâĂ©change). On Ă©tait en famille de pension ensemble Ă QuĂ©bec et on regardait les Canadiens, se souvient-il. LĂ , câest spĂ©cial de les regarder avec lui qui joue. Jâai de la misĂšre Ă dormir aprĂšs les matchs Ă Lausanne, donc je regarde les matchs. Jâaime ça!».
Rochette suivait la rencontre dâouverture du CH Ă Toronto, le 8 octobre. Il a dĂ» dĂ©poser son appareil un instant et câest alors quâil a ratĂ© un moment marquant du passage de Bolduc avec le Tricolore : son premier but.
«Je lâai tout juste manquĂ©. JâĂ©tais dans lâautobus. Je revenais dâun match. Il me semble que jâai regardĂ© les 10 premiĂšres minutes quand jâai lĂąchĂ© lâĂ©cran. Jâai vu ça aprĂšs⊠jâai remis le match aprĂšs!»
Rochette, qui a remportĂ© la Coupe Memorial aux cĂŽtĂ©s de Bolduc en 2023, ne cache pas quâil caresse le rĂȘve de porter lâuniforme mythique. Poser la question Ă un joueur dâici, trĂšs souvent, câest y rĂ©pondre.
«Câest sĂ»r! Malheureusement, je nâĂ©tais pas en position de choisir mon Ă©quipe. Câest sĂ»r que ce serait fou, croit-il. La foule qui crie quand ils reviennent de lâarriĂšre⊠ils forment une mĂ©chante Ă©quipe. Ils sont talentueux. Les gars ont grandi ensemble.»
Opération beurre de peanut
La vedette du Lausanne HC se dit impressionnĂ© par lâĂ©thique de travail de Bolduc et les efforts quâil a mis pour devenir un joueur Ă tout faire sur la glace au niveau professionnel. Sa passion du jeu est primordiale dans les progrĂšs quâil a dĂ©montrĂ©.
«Il a du fun. Son seul objectif, câest de sâamuser en faisant les choses de la bonne façon. Il Ă©prouve beaucoup de fiertĂ© Ă aider lâĂ©quipe. Ă la base, câest un gars offensif et tireur. Il nây a pas grand-chose quâil ne fait pas sur la glace.»
Rochette raconte quâil a Ă©tĂ© demandĂ© Ă Bolduc de prendre du coffre vers la fin de son stage junior et augmenter son jeu robuste. Une Ă©volution qui a aidĂ© sa progression pour se tailler un poste rĂ©gulier dans la LNH.
«Il Ă©tait dĂ©jĂ assez grand, mais ce nâĂ©tait pas un gars qui frappait, explique-t-il. Je lâai vu faire des efforts dans sa façon de manger. Il mangeait beaucoup pour prendre du poids pour jouer Ă St-Louis. Il mangeait comme un malade!
«Au lieu de manger un petit dessert, il mangeait un âtoastâ au beurre dâarachide. Je capotais! Il a vraiment travaillĂ© lĂ -dessus. Maintenant il cogne fort. Il est Ă©lectrisant.»
MĂȘme sâil voit les rĂ©sultats, Rochette ne se remet pas de lâĂ©pisode de gavage de pain.
«Il disait âje nâai plus faim, je ne suis plus capableâ, mais il mangeait sa âtoastâ au beurre dâarachide quand mĂȘmeâŠayoye!»
Cet article a été publié dans les éditions de Villeray et du Plateau-Mont-Royal/Outremont du 17 novembre.