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«Je ne voulais pas regarder les matchs dans les gradins»

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Tomas Plekanec sur «X»

Sept ans ont passé depuis que Tomas Plekanec a disputé le 1000e match de sa carrière à Montréal. Si ce cap enviable n’est qu’un souvenir lointain pour certains, le Tchèque s’esclaffe lorsqu’on lui rappelle à quel point le temps a filé.

L’homme au col roulé bleu venait de vivre des moments complètement loufoques. Après 13 saisons en bleu-blanc-rouge, il a abouti dans le camp du maillot bleu et blanc orné de la feuille d’érable.

On ne s’habituera jamais à l’image de «Pleky» dans l’uniforme des Maple Leafs de Toronto. Même son col roulé semblait dépaysé les 24 matchs – séries incluses – qu’il a disputés dans la Ville Reine en 2018.

Si c’était un secret de polichinelle qu’il reviendrait à Montréal l’automne suivant, il reste que les Leafs ont profité de ses services. Surtout dans le cercle des mises au jeu, où il a connu plus de 57% de succès lors des 17 derniers matchs de la saison régulière.

«C’est ce qui devait arriver, a relaté Plekanec lors d’un entretien avec La Page Sportive depuis la République tchèque. J’avais eu une discussion avec le directeur général à l’époque. Ils pensaient qu’ils pouvaient obtenir de quoi pour mes services.

«Ils ont eu de bons atouts en retour (à l’époque).»

Plekanec s’est comporté comme un professionnel. L’idée de porter un autre uniforme que la Sainte-Flanelle ne lui plaisait visiblement pas, par contre.

«Je voulais rester là pour toute ma carrière, a-t-il confié. C’était une très bonne expérience néanmoins. J’ai été entouré de joueurs talentueux et d’un entraîneur aguerri en Mike Babcock.»

Grand retour, départ soudain

Les retrouvailles tant anticipées ont eu lieu dès l’ouverture du marché des joueurs autonomes, le 1er juillet suivant, lorsque Plekanec a paraphé un contrat d’un an et 2,25 millions $ avec le CH.

Le 15 octobre suivant, contre les Red Wings de Detroit, il devenait le quatrième joueur du club à marquer à son 1000e match, comme l’avaient fait Henri Richard, Larry Robinson et Alex Kovalev avant lui.

Les applaudissements de 22 000 spectateurs ont fait trembler les murs du Centre Bell, mais le principal intéressé n’a pas laissé transparaître la moindre émotion.

«J’apprécie ce genre de chose, à ma façon, et je ne montre pas beaucoup d’émotions, mais c’était vraiment spécial, avait-il affirmé après la victoire de 7-3. On ne vit jamais une soirée comme celle-là, vous savez, avec 22 000 personnes qui réagissent comme ça, donc c’était vraiment un souvenir inoubliable.»

La fin d’une époque

Cette soirée marquait par le fait même la fin du spectacle : il s’agissait du dernier point de Plekanec dans la LNH.

Le 19 octobre, les Canadiens ont annoncé que le nom du vétéran de 35 ans a été inscrit sur la liste des blessés à long terme en raison d’une mystérieuse blessure. 

Avec l’éclosion de Jesperi Kotkaniemi et la résurgence du nouveau venu Max Domi en son absence, Plekanec s’est rendu à l’évidence et il en a discuté avec la direction. Il a annoncé sa retraite un mois plus tard.

«J’avais subi une blessure liée à un nerf dans mon dos. J’ai été à l’écart plusieurs semaines et avec les jeunes qui commençaient à pousser, je ne voulais pas regarder les matchs dans les gradins ou jouer à Laval, a expliqué Plekanec.

«On ne sait jamais, j’aurais pu être un réserviste rayé de la formation. Je ne me souviens pas de tout le processus, mais je n’étais pas prêt à être laissé de côté. C’était mieux pour moi de prendre cette décision.»

En bons termes avec Marc Bergevin

Plekanec assure qu’il n’est pas amer envers Marc Bergevin outre-mesure. Même qu’il voue un très grand respect au dirigeant qui a quitté la métropole à grand galop après son congédiement en 2021.

«Pas du tout. J’ai beaucoup aimé Marc. Il a fait du très bon boulot pour Montréal et il était sous-estimé. Marc était un très bon DG et les joueurs l’appréciaient.

«Il n’y a pas d’amertume, ça c’est sûr. Nous avions une bonne relation et nous avions pris le temps de tout discuter.»

C’était la fin d’une époque. On n’a plus jamais revu de col roulé sur la glace du Centre Bell. Patrik Laine a beau l’enfiler en se rendant aux matchs, on n’est pas près de revoir la marque de signature de Tomas Plekanec.

«Je ne suis pas sûr, non. Au moins avec les protèges cou, c’est tout comme!»

De bons mots pour Suzuki

En novembre 2024, Plekanec est revenu à Montréal avec des joueurs de l’équipe nationale de Tchéquie, dont il était l’entraîneur adjoint en 2024, et aussi pour se ressourcer dans le cadre de ses fonctions avec les Knights de Kladno, où il travaille comme directeur sportif.

Il en a profité pour visiter les installations de la Place Bell et la façon dont se déroulent les entraînements du Rocket.

«J’ai pu voir des gens qui travaillaient dans l’organisation lorsque j’y étais. J’étais content de revenir à Montréal. C’était inspirant comme expérience, pour Kladno. J’ai appris beaucoup de choses.»

Il s’est aussi dit optimiste quant à la reconstruction qu’a entamée la nouvelle administration Hughes-Gorton, avec son ancien élève qui sert de mentor.

«C’est intéressant. Ils ont beaucoup de jeunes joueurs de talent qui sont entourés de vétérans. Le processus prend du temps. Je crois qu’ils vont dans la bonne direction, d’après ce que je vois depuis l’an dernier.

«C’est excitant. Je suis sûr que ça va continuer de bien progresser avec Nick Suzuki et les autres.»

Avec son œil de gestionnaire, Plekanec croit que les joueurs doivent regarder au-delà de leur talent, collectivement.

«C’est une équipe très talentueuse et très excitante à regarder, croit-il. À la fin, ce sont les détails qui font une grosse différence. C’est bien le talent, mais les détails sont les principaux facteurs qui déterminent que tu gagnes ou perds dans la direction que tu prends.»

Cet article est paru dans les éditions LPS de Ahuntsic et Rosemont, le 10 novembre dernier.

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