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Nouveau pacte, même approche pour Martin St-Louis

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LAVAL-SUR-LE-LAC — Martin St-Louis a obtenu ce qu’il souhaitait probablement sans jamais le réclamer : la confiance des Canadiens de Montréal pour poursuivre son travail derrière le banc.

Une prolongation de quatre saisons, valide dès maintenant, est venue confirmer lundi ce que les résultats des dernières années laissaient déjà entendre. Depuis sa nomination comme entraîneur-chef, le Tricolore a progressé de 68 à 76, puis à 91 et finalement à 106 points en saison régulière, avant d’atteindre la finale de l’Association de l’Est au printemps dernier.

Mais au moment où les attentes envers son équipe atteignent un sommet, St-Louis refuse de changer sa façon de fonctionner.

« C’est flatteur. Ce n’est pas quelque chose à quoi je m’arrête vraiment. J’aime ce que je fais », a-t-il lancé lundi.

Et surtout, il n’a pas l’intention de considérer son nouveau contrat comme une garantie.

« Si on me dit : Martin, tu es notre homme, je vais continuer. Et si je ne suis pas l’homme, c’est correct aussi. Je suis fier de savoir que ce n’est pas parce que tu mets tous tes efforts dans quelque chose que tu vas toujours réussir. Mon cœur est à la bonne place et j’aime être l’entraîneur des Canadiens. »

Voilà probablement le meilleur résumé de l’homme qui dirige maintenant un Canadien qui n’est plus en reconstruction.

Les attentes ont changé

Il y a quelques années, le défi consistait à construire une identité, à développer les jeunes joueurs et à installer une culture.

Aujourd’hui, le Canadien doit apprendre à vivre avec des attentes beaucoup plus élevées.

Et St-Louis le sait.

Il refuse toutefois de faire de ces attentes une obsession.

« Je ne pense pas qu’on s’arrête aux attentes. C’est un groupe qui est très fier, humble et honnête. »

Le message est clair : Montréal ne doit pas se mettre à jouer pour satisfaire les projections extérieures.

Le groupe doit plutôt continuer à respecter les principes qui l’ont amené jusqu’ici.

« Qu’on ait gagné un match avant, qu’on ait perdu, qu’on soit dans une bonne séquence ou une mauvaise séquence, on revient avec ces valeurs-là. »

C’est cette constance que St-Louis veut préserver alors que le niveau de talent augmente et que les résultats commencent à transformer la perception de l’équipe.

« Un gros pas? »

Le véritable défi du Canadien ne sera donc pas nécessairement de devenir une meilleure équipe sur papier.

Il sera de devenir une meilleure équipe sur la glace.

St-Louis estime que son groupe doit maintenant gagner en précision dans son exécution et dans les détails.

« Si nous faisons les choses avec un peu plus de détails, je pense que ça va nous aider à maintenir la trajectoire sur laquelle nous sommes. Est-ce que ce sera suffisant? Je ne le sais pas. »

Même son de cloche lorsqu’il est question de la défaite contre la Caroline en séries éliminatoires.

St-Louis ne cherche pas à refaire le procès de cette série. Il préfère en extraire une leçon.

« Je pense que nous avons continué d’évoluer comme équipe et que nous avons fait de grands pas chaque année. Jusqu’où allons-nous aller? Je ne le sais pas. »

La réponse, selon lui, se trouvera dans le quotidien.

« Empiler les journées. »

Pas question de changer sa recette

C’est probablement l’élément le plus important de ses commentaires.

Le Canadien est meilleur. Son personnel est différent. Les joueurs sont plus expérimentés. Les attentes sont plus grandes.

Mais St-Louis ne veut pas devenir un autre entraîneur pour autant.

« Je n’ai pas changé ma façon de diriger simplement parce que nous sommes meilleurs. J’ai probablement changé un peu ce que j’enseigne parce que nous sommes meilleurs, mais je n’ai pas changé ma façon de diriger. »

Cette nuance est importante.

St-Louis reconnaît devoir adapter son message à une équipe qui évolue, mais il ne veut pas perdre son identité dans le processus.

Et sa curiosité demeure l’un de ses principaux moteurs.

« Une des plus grandes qualités que tu dois avoir si tu veux continuer à grandir et à t’améliorer, c’est d’être curieux. Tu dois être curieux. Et je le suis beaucoup. »

L’arrivée de Derek Lalonde au sein de son personnel représente justement une autre occasion d’apprendre.

Kreider, un nouveau défi… avec un vieil ami

Dans cette nouvelle étape, St-Louis aura également l’occasion de diriger un joueur qu’il connaît depuis longtemps.

L’arrivée de Chris Kreider à Montréal, officialisée samedi, ajoute de l’expérience, de la vitesse, du jeu physique et une présence devant le filet à la formation montréalaise. Kreider a inscrit 50 points, dont 22 buts, en 75 matchs avec les Ducks la saison dernière.

Mais pour St-Louis, ce qui compte d’abord n’est pas ce que le vétéran américain peut apporter sur une feuille de statistiques.

C’est l’homme.

« Je suis heureux que ce soit avec Chris. C’est un ami, mais c’est aussi une très bonne personne. Et il lui reste encore beaucoup de bon hockey devant lui. »

St-Louis estime que Kreider coche plusieurs cases recherchées par le Canadien.

« Nous avons besoin d’un peu plus d’expérience. Il coche cette case. Nous avons besoin d’un peu plus de robustesse. Il coche cette case. Un joueur devant le filet? Il coche cette case aussi. »

Puis il ramène tout à l’essentiel.

« Toutes ces cases ne voudraient rien dire s’il n’était pas une bonne personne. Pour moi, ça commence par là, avec Chris. »

Une culture qui n’est jamais acquise

L’un des grands chantiers de St-Louis depuis son arrivée a été la construction d’une culture.

Aujourd’hui, il considère que le Canadien possède une base solide.

Mais il refuse de croire que le travail est terminé.

« C’est au jour le jour. Ça peut être très bon, et une seule journée peut ruiner tout ça. Ça ne prend pas beaucoup de temps. »

Son approche consiste plutôt à créer un environnement propice au développement de cette culture.

« On a créé un environnement qui nous donne une occasion de faire grandir une culture. C’est difficile d’expliquer ce qu’est une culture. Alors tu te concentres sur l’environnement et sur les valeurs qui dictent notre comportement. »

Voilà le prochain défi de St-Louis : faire en sorte que cette culture survive à la pression des résultats.

Car une équipe qui gagne attire les attentes.

Une équipe qui gagne régulièrement attire les critiques lorsqu’elle ne gagne plus.

Et un entraîneur qui signe une prolongation de contrat n’a pas nécessairement plus de marge de manœuvre. Il a surtout davantage à perdre.

St-Louis semble l’avoir compris et ne promet rien. Il ne prédit rien et ne cherche même pas à savoir jusqu’où son équipe peut aller.

Il veut simplement continuer à empiler les journées.

La différence, cette fois, c’est que le Canadien ne le fera plus dans l’ombre. Il le fera avec des attentes bien réelles sur les épaules.

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