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Drake Maye : l’impatience qui a coûté cher aux Patriots

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SEATTLE — Drake Maye n’a pas cherché d’excuses. Après avoir vu les Patriots de la Nouvelle-Angleterre laisser filer une avance de 10-0 pour finalement s’incliner 13-10 contre les Seahawks de Seattle, le jeune quart-arrière a immédiatement pointé son propre jeu du doigt.

Et plus particulièrement son impatience.

« Nous avions le match sous contrôle, a reconnu Maye après la rencontre. Nous avions un bon plan pour commencer à gruger l’écart et être patients. J’ai perdu patience et ça nous a coûté le match. Des décisions qui, de mon côté, nous ont coûté le match. »

Difficile de lui donner tort.

Après avoir livré une première moitié de match relativement maîtrisée, Maye a complètement perdu le fil au quatrième quart. Il a été intercepté sur les trois dernières possessions des Patriots, transformant une rencontre que la Nouvelle-Angleterre semblait en voie de gagner en une défaite particulièrement amère.

Maye a complété 23 de ses 33 passes pour 178 verges, un touché et trois interceptions. Les trois interceptions sont survenues sur des passes d’au moins 20 verges vers l’avant, alors qu’il n’en avait lancé qu’une seule de cette distance durant toute la saison précédente. Sur les passes de 10 verges ou plus vers l’avant, il n’a complété que trois de ses huit tentatives pour 44 verges, en plus de ses trois interceptions.

« J’ai simplement arrêté d’être patient, a ajouté le jeune pivot. Nous étions vraiment bons jusqu’au moment où j’ai essayé de forcer une passe le long de la ligne de côté. Nous étions patients, nous faisions des passes courtes, nous essayions de gagner nos premières tentatives. Les gros jeux allaient venir. J’ai simplement arrêté d’être patient. »

Trois possessions, trois interceptions

La séquence est particulièrement révélatrice.

La première interception est survenue au début du quatrième quart, alors que Maye a tenté de rejoindre un receveur le long de la ligne de côté. La fenêtre s’est refermée avant que le ballon n’arrive à destination.

Sur la possession suivante, Maye a forcé une passe au centre du terrain, permettant au maraudeur Julian Love de se placer devant le ballon pour réaliser une deuxième interception.

Puis est venue celle qui a véritablement scellé le sort des Patriots.

Avec seulement 26 secondes au cadran, la Nouvelle-Angleterre s’était avancée jusqu’à la ligne de 16 verges de Seattle. Un placement aurait permis de créer l’égalité et de forcer la prolongation. Maye a plutôt tenté de rejoindre Mack Hollins dans la zone des buts, mais sa passe, lancée en reculant sous pression, est demeurée beaucoup trop courte. Joshua Jobe a réalisé l’interception qui a mis fin aux espoirs de la Nouvelle-Angleterre.

« Je n’ai pas mis assez de force pour sortir le ballon et c’était tout simplement inacceptable », a reconnu Maye. « Nous avions une chance d’aller en prolongation au pire. La seule chose que tu pouvais faire, c’était perdre le ballon, et c’est ce que j’ai fait. »

Une défense de Seattle qui a encore fait la différence

Il serait toutefois injuste de réduire la remontée des Seahawks aux seules erreurs de Maye.

La défense de Seattle, déjà responsable d’avoir étouffé l’attaque des Patriots lors du Super Bowl LX, a encore une fois élevé son niveau dans les moments importants. Ses pressions plus variées ont progressivement déstabilisé Maye après une première moitié où le coordonnateur offensif Josh McDaniels avait réussi à neutraliser plusieurs des stratégies agressives de Seattle.

Julian Love a terminé la rencontre avec six plaqués en plus de son interception. Nehemiah Pritchett a également enregistré six plaqués et deux passes rabattues, tandis que Jobe a ajouté six plaqués en plus de l’interception qui a définitivement fermé la porte aux Patriots.

Trois interceptions en un seul quart : la statistique est aussi brutale que révélatrice.

Drew Lock, l’antithèse de Maye

À l’autre bout du terrain, Drew Lock a fait exactement ce que Seattle avait besoin de lui.

Propulsé dans l’action après la blessure à la hanche de Sam Darnold dès le début du match, Lock n’a pas cherché à forcer le jeu. Il a pris les courtes passes disponibles, utilisé ses jambes lorsque nécessaire et évité les décisions risquées.

Résultat : 16 passes complétées en 22 tentatives, 187 verges, un touché et une cote d’efficacité de 113,3. Surtout, Lock a orchestré trois séries qui ont permis aux Seahawks de marquer en deuxième moitié.

La différence entre les deux pivots était donc particulièrement frappante : Lock a accepté de prendre ce que la défense lui offrait, alors que Maye s’est mis à rechercher les gros jeux au moment où les Patriots avaient surtout besoin de contrôle.

Smith-Njigba, le coup d’éclat

Seattle a également pu compter sur Jaxon Smith-Njigba lorsque le match s’est décidé.

Le receveur a capté une passe de 45 verges pour un touché au quatrième quart, une séquence qui a ramené les Seahawks à égalité et complètement changé l’allure de la rencontre. Il a ajouté deux réceptions dans le dernier quart et terminé avec huit attrapés pour 122 verges, dont 69 dans cette dernière période.

Le jeu était d’autant plus important que Seattle avait réussi à faire croire à la défense de la Nouvelle-Angleterre qu’une course allait suivre sur une situation de quatrième essai et une verge à franchir.

Une soirée assombrie par les blessures

Les Patriots ont aussi perdu leur principale acquisition de la saison morte, A.J. Brown, victime d’une blessure à une cheville. Brown n’a capté que trois passes pour 26 verges sur quatre cibles avant de quitter la rencontre. Son absence a privé Maye de sa principale menace aérienne au moment où l’attaque tentait de conserver son avance.

Darnold, de son côté, a également dû quitter la rencontre après seulement cinq jeux en raison d’une blessure à une hanche. Le pire scénario semble écarté dans son cas, puisqu’il n’a pas subi de fracture.

Mais au bout du compte, c’est Maye qui a assumé la responsabilité de cette défaite.

« Je me promets de faire mieux, a-t-il déclaré. Je sais que la saison est longue, mais nous ne pouvons pas avoir ce genre d’erreurs. C’est inacceptable. Ce n’est pas la façon dont je joue au football et ce n’est pas la façon dont je veux représenter mon jeu et le poste de quart-arrière des Patriots. »

L’entraîneur-chef Mike Vrabel n’a d’ailleurs pas cherché à minimiser les erreurs de son jeune pivot, tout en maintenant sa confiance envers lui.

« On ne peut pas lancer trois interceptions. Drake le sait », a affirmé Vrabel.

La défaite est donc bien réelle, tout comme le signal d’alarme. Mais pour les Patriots, le véritable verdict sur Maye ne viendra pas après un seul match.

Il viendra de sa capacité à apprendre de ces trois décisions — et surtout à retrouver cette patience qui, pendant une bonne partie de la soirée, avait permis à la Nouvelle-Angleterre de contrôler le match.

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