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Repêchage LNH : Gleb Pugachyov, le «poids lourd» que le CH ne voulait pas perdre

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Le repêchage ne se résume pas toujours au talent brut. Parfois, il raconte aussi une philosophie. En échangeant les 28e et 26e choix afin de s’assurer de mettre la main sur Gleb Pugachyov, les Canadiens de Montréal ont envoyé un message clair : ils avaient identifié « leur joueur » et ne voulaient courir aucun risque de le voir disparaître avant leur tour.

C’est pourquoi ils ont échangé leur 28e sélection avec un choix de troisième tour en 2027 aux Golden Knights de Vegas pour repêcher deux rang plus tôt.

À première vue, ce Russe d’origine kazakh ne ressemble pas au prototype des dernières sélections offensives de l’organisation. À 6 pieds 3 pouces et un style robuste assumé, il gagne d’abord ses batailles par l’engagement, l’échec-avant et sa capacité à imposer un rythme infernal à ses adversaires.

Il se dote aussi d’une vitesse impressionnante, ce qui coche une case importante dans les critères de Kent Hughes.

Sur papier, Pugachyov n’est pas le type de choix qui déclenche immédiatement les débats enflammés sur les réseaux sociaux. Un ailier puissant, engagé, capable de jouer des deux côtés de la patinoire, mais surtout identifié pour son intensité et sa capacité à imposer un rythme physique constant. Un profil qui ne fait pas lever les foules… mais qui correspond de plus en plus à une vision claire du hockey que Montréal veut bâtir.

Hughes l’a d’ailleurs reconnu implicitement : le CH ne voulait pas perdre Pugachyov. La décision de grimper légèrement pour sécuriser son nom n’a rien d’un coup de tête. Elle s’inscrit dans une logique de gestion du risque devenue centrale dans la philosophie de la direction montréalaise.

Le directeur général du CH l’a décrit comme un joueur difficile à affronter, capable «de jouer comme un poids lourd dans les coins», ajoutant que son intensité et son moteur en font un attaquant particulièrement difficile à affronter.

«Il joue comme s’il pesait 250 livres», a laissé entendre le DG. C’est surtout une sélection qui a plu à son directeur du personnel des joueurs.

«Je peux vous dire que c’est plus Martin Lapointe qui a sauté de sa chaise que Nick Bobrov, Martin aime les joueurs robustes», a-t-il raconté avec le sourire.

Les observateurs le décrivent comme un ailier responsable dans les trois zones, capable de fatiguer les défenseurs adverses autant par ses mises en échec que par son intensité.

Mais ce choix prend encore plus de sens lorsqu’on le replace dans une séquence plus large.

Car il est impossible de parler de Pugachyov sans revenir à ce qui s’est fait un an plus tôt avec Ivan Demidov, et plus récemment avec Alexander Zharovsky.

Comme Demidov et Zharovsky

Depuis quelques années, les Canadiens semblent avoir développé une réelle confiance envers le marché russe. L’organisation n’hésite plus à investir dans des joueurs dont le développement passera d’abord par la KHL ou les circuits juniors russes. Cette stratégie demande de la patience, mais elle permet aussi de mettre la main sur des talents parfois sous-évalués pour des raisons géopolitiques ou contractuelles.

C’est la troisième fois en autant d’année que la direction jette son dévolu sur un Russe avec son premier choix dans un encan.

Demidov représente évidemment le meilleur exemple de cette nouvelle réalité, de même qu’Alexander Zharovsky, considéré comme un vol au deuxième tour de l’encan de 2025.

Lorsque Montréal a sélectionné le produit du SKA Saint-Pétersbourg au cinquième rang du repêchage de 2024, plusieurs experts considéraient déjà qu’il possédait l’un des plafonds offensifs les plus élevés de toute sa cuvée. Deux ans plus tard, force est d’admettre que les dirigeants du Tricolore ont eu raison de miser sur lui.

Meilleur pointeur parmi les recrues au cours de la dernière campagne, il est devenu le visage de cette nouvelle vague de joueurs russes que les Canadiens n’hésitent plus à intégrer à leur projet. Son intelligence offensive, sa créativité et sa capacité à créer des jeux spectaculaires ont rapidement alimenté l’enthousiasme des partisans.

Pugachyov, lui, n’est pas appelé à suivre exactement le même chemin.

Outre leurs origines hockey, les profils de ces trois joueurs sont presque complémentaires. Là où Demidov crée le jeu, Pugachyov cherche à le récupérer. Là où Zharovsky joue dans la structure et la lecture, Pugachyov impose le rythme par la pression et la robustesse.

C’est précisément ce qui rend leur association potentiellement fascinante à moyen terme.

Depuis plusieurs années, les équipes aspirantes à la Coupe Stanley recherchent des attaquants capables de protéger leurs vedettes sans limiter leur production offensive. Les Panthers avec Sam Bennett, les Golden Knights avec leurs gros ailiers ou encore les Stars ont démontré qu’il faut plus que du talent pour survivre à quatre longues rondes éliminatoires.

Les Canadiens semblent avoir retenu cette leçon.

Une pièce intéressante

En repêchant Pugachyov, Kent Hughes et Jeff Gorton n’ont peut-être pas simplement ajouté un autre espoir. Ils ont possiblement trouvé une pièce capable d’équilibrer leur futur noyau offensif.

Évidemment, personne ne devrait s’attendre à voir le jeune Russe débarquer rapidement à Montréal. Son développement se poursuivra vraisemblablement en Russie pendant encore quelque temps, une trajectoire que les Canadiens semblent désormais parfaitement à l’aise de respecter.

Entretemps, Demidov continuera d’occuper les projecteurs, avec Zharovsky comme autre point d’appui dans ce pipeline russe qui prend de plus en plus forme.

Et c’est peut-être là que réside le plus grand changement dans la façon dont les Canadiens bâtissent leur équipe. Pendant longtemps, Montréal regardait la Russie avec prudence. Aujourd’hui, l’organisation semble considérer ce bassin de joueurs comme une véritable occasion de créer un avantage concurrentiel.

Demidov pourrait devenir la vedette offensive que les partisans attendent depuis des années. Zharovsky, lui, incarne une progression plus discrète mais structurante. Pugachyov, enfin, représente le profil de joueur qui rend les vedettes encore plus difficiles à affronter.

Ce sont trois parcours différents, trois styles presque opposés, mais un même pari : celui que le hockey russe peut devenir l’un des piliers de la reconstruction montréalaise.

Si cette vision se concrétise, le choix de Gleb Pugachyov ne sera peut-être pas seulement un bon repêchage. Il pourrait représenter la confirmation que les Canadiens ont définitivement changé leur manière de construire l’avenir.

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