Les Canadiens de Montréal ont franchi une étape importante au printemps dernier en atteignant la finale de l’Association de l’Est. Maintenant, les attentes changent.
Le CH ne repart plus d’une reconstruction où chaque victoire est considérée comme un atout en vue des éliminatoires. Il possède un noyau jeune, talentueux et suffisamment expérimenté pour que les questions portent désormais sur la suite.
Nick Suzuki peut-il répéter ses 101 points? Cole Caufield peut-il encore atteindre 50 buts? Lane Hutson est-il sur le point de devenir l’un des meilleurs défenseurs offensifs de la LNH? Qui sera le deuxième centre? Et combien de matchs Jakub Dobes doit-il disputer pour véritablement s’installer comme le gardien numéro un?
À quelques jours du début d’une saison régulière qui comptera exceptionnellement 84 matchs, voici 10 questions qui pourraient définir la campagne du Tricolore.
1. Suzuki, Caufield et Slafkovsky peuvent-ils encore augmenter leur production?
Le premier trio n’a plus besoin de faire ses preuves. Il doit maintenant confirmer.
Nick Suzuki vient de connaître la meilleure saison offensive de sa carrière avec 101 points, dont 29 buts et 72 aides. Il est devenu le premier joueur du CH depuis Mats Näslund en 1985-1986 à franchir le cap des 100 points. Cole Caufield a pour sa part inscrit 51 buts, tandis que Juraj Slafkovsky a fait un bond important avec 30 buts et 73 points.
La barre est donc particulièrement haute.
Les projections de LNH.com placent Suzuki à 95 points, Caufield à 87 et Slafkovsky à 78.
Ce qui sera intéressant, ce ne sont pas seulement leurs statistiques individuelles, mais leur capacité à maintenir cette production lorsque les adversaires leur accorderont davantage d’attention.
Suzuki peut-il connaître une deuxième saison de 100 points? Caufield peut-il répéter ses 51 buts? Slafkovsky peut-il enfin s’approcher du point par match?
Le CH n’aura pas besoin que les trois explosent simultanément. Il aura toutefois besoin que son premier trio demeure l’un des moteurs offensifs de la formation.
2. Jusqu’où peut aller Lane Hutson?
C’est probablement la progression la plus fascinante à surveiller.
Après une saison recrue de 66 points, Hutson a fait encore mieux en 2025-2026 avec 78 points, dont 12 buts et 66 aides, en 82 matchs. Il est devenu le premier défenseur du Canadien depuis Larry Robinson en 1985-1986 à atteindre le plateau des 75 points.
Et pourtant, la question demeure : peut-il encore progresser?
LNH.com le projette à 83 points cette saison, dont 72 aides.
Une telle récolte le placerait encore une fois parmi l’élite offensive des défenseurs de la LNH.
Mais l’évolution de Hutson ne se mesure pas uniquement en points. Son différentiel est passé de -2 à +36 en une saison. Il a également continué à augmenter son influence à forces égales et en avantage numérique.
À 22 ans, le défenseur américain pourrait donc entrer dans une nouvelle catégorie : celle où on ne se demande plus s’il est suffisamment bon pour jouer dans la LNH, mais jusqu’où peut aller son plafond?
3. Le deuxième centre est-il toujours le problème numéro un?
Voilà probablement le dossier qui refuse de disparaître.
Le CH possède un excellent premier centre en Suzuki. Derrière lui, l’incertitude demeure.
Oliver Kapanen a connu une bonne saison recrue avec 22 buts, mais sa production a ralenti considérablement en deuxième moitié de campagne. Jake Evans a été utilisé au centre durant les séries et a récolté 10 points en 19 rencontres, mais son profil pourrait être davantage celui d’un joueur de missions défensives.
Kirby Dach représente l’option la plus intrigante — à condition qu’il demeure en santé. LNH.com identifie d’ailleurs explicitement le poste de deuxième centre comme l’un des principaux défis de Montréal.
Et il y a Alex Newhook.
Le Canadien vient de lui accorder une prolongation de quatre ans d’une valeur annuelle moyenne de 5,55 millions $ après une saison régulière de 25 points en 42 matchs et des séries de 10 points en 19 rencontres.
La question est donc moins « qui peut jouer au centre? » que « qui peut réellement s’imposer comme deuxième centre? »
4. Et si Dylan Larkin devenait une possibilité?
C’est le dossier extérieur qui pourrait alimenter les spéculations.
Dylan Larkin a demandé une transaction aux Red Wings après la dernière saison. Detroit a confirmé qu’il avait fourni une liste d’équipes auxquelles il accepterait de lever sa clause de non-mouvement. En juin, Steve Yzerman avait toutefois refusé de garantir qu’une transaction aurait lieu.
Depuis, le dossier a évolué.
Larkin s’est présenté au camp de Detroit, mais il n’est plus capitaine. Il a aussi indiqué qu’il ne regrettait pas sa demande de transaction, tout en refusant de dire si celle-ci était toujours active. L’organisation affirme pour sa part qu’elle prendra la situation au jour le jour.
Alors, Montréal?
Il faut distinguer une possibilité théorique d’un dossier réellement en préparation.
Aucune information publique ne permet actuellement d’affirmer que les Canadiens travaillent sur une transaction pour Larkin. Kent Hughes a plutôt répété que son organisation ne voulait pas sacrifier son avenir pour effectuer une transaction à court terme.
Mais le profil du joueur explique pourquoi son nom pourrait revenir dans les discussions.
Larkin est un centre droitier de 30 ans, productif, expérimenté et capable de jouer dans toutes les situations. Son contrat comporte encore cinq saisons après 2026-2027, avec une valeur annuelle moyenne de 8,7375 millions $ selon les modalités de son entente de huit ans.
Pour Montréal, la question serait donc double : le prix à payer en actifs et la place occupée par son contrat dans la structure salariale.
Ce n’est pas nécessairement une transaction imminente. C’est plutôt un dossier à surveiller si le problème du deuxième centre persiste.
5. Zachary Bolduc peut-il justifier son nouveau contrat?
Bolduc vient de passer d’un jeune joueur à qui l’on donnait encore du temps à un joueur sur lequel le Canadien compte réellement.
Il a signé une entente de quatre ans le 13 septembre, après avoir récolté 12 buts et 30 points en 78 matchs à sa première saison complète avec Montréal.
Le contrat change aussi les attentes.
Bolduc a maintenant 23 ans. Il a disputé 78 matchs. Il a connu les séries et y a ajouté sept points en 19 rencontres.
La prochaine étape est évidente : peut-il doubler pratiquement sa production offensive?
Les projections de LNH.com lui accordent 16 buts et 42 points.
Une saison de 40 points constituerait déjà une progression intéressante. Mais le CH aimerait certainement voir davantage de buts, surtout avec un joueur qui possède un tir capable de devenir une arme importante.
Le contrat en poche, Bolduc n’a plus à jouer pour obtenir sa place. Il doit maintenant démontrer qu’il mérite le rôle qu’on lui confie.
6. Chris Kreider peut-il encore produire 20 à 25 buts?
Le Canadien a ajouté une dimension qui lui manquait peut-être : de l’expérience, du gabarit et une présence devant le filet.
Kreider a marqué 22 buts et récolté 50 points la saison dernière avec Anaheim. Son arrivée à Montréal ne signifie toutefois pas qu’il faut s’attendre à retrouver le joueur qui a marqué 52 buts avec les Rangers en 2021-2022.
À 35 ans, la question est plutôt de savoir s’il peut demeurer une menace régulière.
Une récolte de 20 buts aurait une valeur importante pour le CH. Encore davantage si Kreider peut produire sur un deuxième trio, en avantage numérique et dans les matchs serrés.
Son apport ne se mesurera cependant pas uniquement aux points.
Montréal vient d’ajouter un joueur qui a participé à de nombreuses séries éliminatoires et qui sait ce que signifie gagner des batailles autour du filet.
À une équipe qui possède déjà beaucoup de talent offensif, Kreider peut apporter quelque chose de différent.
Le contrat d’un an de Xhekaj règle son avenir immédiat. Il ne règle toutefois pas son rôle.
Le défenseur de 25 ans a disputé 65 matchs l’an dernier, menant le CH avec 148 mises en échec et 116 minutes de pénalité. Son apport offensif s’est limité à quatre points.
Martin St-Louis nous a toutefois indiqué que l’attaque pouvait être une option pour Xhekaj.
Voilà le défi.
Xhekaj n’a pas besoin de devenir un défenseur de 40 points. Il doit plutôt démontrer qu’il peut apporter suffisamment offensivement pour demeurer dans l’alignement même lorsque le CH n’a pas besoin d’une présence physique accrue.
Avec Kaiden Guhle, Lane Hutson, Noah Dobson, Mike Matheson, Alexandre Carrier et les jeunes David Reinbacher et Adam Engström, la concurrence à la ligne bleue est sérieuse.
Xhekaj possède une qualité que plusieurs de ses concurrents n’ont pas.
Il doit maintenant démontrer qu’il peut l’accompagner d’un jeu suffisamment complet.
8. Combien de matchs Jakub Dobes doit-il jouer?
Le dossier des gardiens n’est toujours pas idéal.
Kent Hughes a reconnu que la présence de trois gardiens n’était pas la situation souhaitée. Pourtant, Jakub Dobes, Jacob Fowler et Samuel Montembeault sont tous dans le portrait.
Dobes semble avoir gagné une longueur d’avance après avoir disputé 43 matchs l’an dernier. Il a terminé la saison avec une fiche de 29-10-4, une moyenne de 2,78 et un taux d’efficacité de ,901.
Il a surtout obtenu les 19 départs du Canadien en séries.
LNH.com projette 53 départs pour Dobes et 31 pour Fowler.
Cette projection donne une idée du potentiel partage des tâches.
Mais le véritable enjeu est ailleurs : Dobes doit-il être considéré comme un gardien capable de porter l’équipe pendant une longue séquence?
Et, éventuellement, peut-il s’installer parmi les cinq meilleurs gardiens de la LNH?
Il serait prématuré de placer un gardien qui compte encore relativement peu d’expérience dans cette catégorie. Son taux d’efficacité de ,901 en saison régulière l’an dernier rappelle d’ailleurs qu’il doit encore franchir certaines étapes.
Mais son rendement en séries a créé une attente.
La saison 2026-2027 permettra de déterminer si Dobes est simplement un gardien numéro un fiable ou le début d’une histoire beaucoup plus ambitieuse.
9. Kirby Dach va-t-il enfin jouer une saison complète?
Dach est peut-être le plus grand « si » offensif du Canadien.
Le centre de 6 pi 4 po a disputé seulement 37 matchs en 2025-2026, récoltant 15 points. Il a toutefois participé aux 19 matchs des séries et marqué quatre buts.
Le problème n’est donc pas de savoir s’il possède les outils.
C’est de savoir si le CH peut enfin les voir pendant 70, 75 ou même 80 matchs.
Dach a été limité à 96 rencontres au cours des trois dernières saisons à Montréal en raison de blessures.
À 25 ans, il n’est plus simplement question de potentiel.
Cette saison pourrait devenir celle où Montréal doit obtenir une réponse claire sur son avenir.
S’il reste en santé, Dach pourrait devenir une solution au centre. S’il retourne à l’infirmerie, la question du deuxième centre risque de revenir au premier plan.
10. Ivan Demidov est-il prêt à franchir un autre cap?
Il serait difficile de parler de la saison du CH sans parler de Demidov.
Le Russe représente l’une des principales sources de progression interne du club. Avec Suzuki, Caufield et Slafkovsky déjà établis, Demidov pourrait devenir le quatrième élément d’une attaque particulièrement dangereuse.
La question sera son utilisation.
Peut-il s’imposer dans un rôle offensif majeur? Peut-il produire régulièrement à cinq contre cinq? Peut-il devenir un joueur de point par match à moyen terme?
L’arrivée de Kreider et la progression attendue de Bolduc lui donnent aussi moins de pression pour tout faire immédiatement.
Mais si Demidov franchit un autre cap, le CH pourrait soudainement posséder quatre attaquants capables de générer une production importante.
Et c’est probablement là que se trouve l’une des grandes questions de cette équipe : combien de joueurs peuvent encore progresser à l’intérieur du groupe plutôt que par l’entremise d’une transaction?
Le véritable test
Le Canadien a atteint la finale de l’Est. La prochaine étape ne consiste pas nécessairement à ajouter une vedette à tout prix.
Elle consiste à déterminer ce que vaut réellement le groupe actuel.
Suzuki, Caufield et Slafkovsky peuvent-ils répéter leur production? Hutson peut-il devenir une vedette à l’échelle de la LNH? Demidov peut-il exploser? Bolduc peut-il justifier son contrat? Kreider peut-il encore marquer 20 buts?
Dach peut-il rester en santé? Xhekaj peut-il élargir son rôle? Dobes peut-il confirmer qu’il appartient à la catégorie des gardiens numéro un?
Et surtout : le deuxième centre finira-t-il par devenir un problème suffisamment important pour pousser Kent Hughes à bouger?
La saison 2026-2027 servira donc à quelque chose de beaucoup plus important qu’à accumuler des victoires.
Elle permettra au Canadien de savoir ce qu’il possède réellement — et ce qu’il lui manque encore.