Dubas n’a pu faire autrement que sourire et minimiser – tant bien que mal – le spectre du départ de son joueur de concession.
Le dégé a quelque peu patiné lorsqu’il a répondu à la délicate question.
«Je n’ai pas interprété dans les propos de Pat qu’il n’est pas d’accord avec la situation dans laquelle nous sommes, a-t-il clarifié. Je lui parle deux fois par jour au sujet des autres clients sur notre équipe, et il y en a plusieurs.
«Je crois qu’il a le droit d’émettre les commentaires qu’il souhaite. Ceci dit, nous ne pouvons changer le parcours que nous adoptons, et c’est de ramener l’équipe en position d’aspirer à gagner la coupe Stanley chaque année.»
C’est la réplique qu’un dirigeant doit répondre pour sauver les meubles et éviter de marcher sur des oeufs. Dubas sait très bien qu’il devra accommoder son vétéran s’il souhaite jouer pour gagner.
Les Penguins sont en reconstruction et il serait très surprenant que leur rang au classement les mêle aux discussions portant sur les prétendants avant la pause olympique.
Advenant le jour où Crosby cogne à la porte de son DG pour lui demander un échange, il aura le devoir d’exaucer son voeu. Il y a des Raymond Bourque et il y a des Steve Yzerman. Le mentor du numéro 87, Mario Lemieux, a préféré se retirer l’année après l’arrivée de son dauphin – et locataire – plutôt que de gagner une dernière coupe.
Comme Tom Brady
Mais Lemieux a été privé de ses 1000 matchs (il en a disputé 915) en raison de ses ennuis de santé. Crosby, lui, est un fier compétiteur à 38 ans et Brisson a été clair quant aux intentions de son client.
«Il a été très constant pendant 20 ans. Il a encore réalisé une excellente campagne, la saison dernière. Il continue sur sa lancée. On peut le comparer à Tom Brady.
«On espère que Sidney participera aux séries éliminatoires chaque année. On espère qu’il remportera encore une ou deux coupes. Donc, chaque année que l’équipe pour laquelle il joue ne se qualifie pas pour les séries éliminatoires, ça crée de spéculations.»
Et même s’il a atténué la magnitude des propos de son agent, il ne les a pas contredits. Il n’a pas offert de garanties. Il veut se concentrer sur le hockey et cesser de répondre aux questions.
«Je suis tellement reconnaissant d’avoir eu l’opportunité de jouer ici aussi longtemps. Et je pense que tous ceux qui me connaissent savent ce que cette ville représente pour moi et à quel point elle est spéciale», a-t-il affirmé.
Sidney Crosby a participé à une activité avec les abonnés de saison des Penguins, cette semaine.
Dubas a dit que les échos dans les médias n’allaient pas influencer la manière dont il gèrera le dossier de son capitaine ou son équipe.
Il s’attendait à ce que le cas de Crosby cause des remous dans l’igloo, tôt ou tard, selon ses dires. Il reste donc à voir comment il se prépare à l’affronter avec une équipe en reconstruction.
Rutger McGroarty, meilleur espoir des Penguins, est sur la liste des blessés pour une période indéterminée. Evgeni Malkin est parmi 10 vétérans en fin de contrat. La situation des gardiens est loin d’être convaincante.
De plus, c’est une année olympique. Et personne ne veut plus gagner l’or que Sidney Crosby.
Pour ce qui est des rumeurs le liant aux Canadiens de Montréal après la pause olympique, l’auteur de ces lignes n’a pas de boules de cristal et vous réfère à la réponse du principal intéressé dans l’entretien avec TSN.
«Je comprends pourquoi on en parle, ce genre de spéculations. Ça ne facilite pas les choses quand on perd. Mais en même temps, savoir qu’une équipe comme celle-là vous veut, ce n’est pas la fin du monde. Ça pourrait être pire», a-t-il soufflé en souriant.
Il y a pire. Son grand ami Brad Marchand a quitté Boston pour aller rejoindre Matthew Tkachuk, l’ennemi juré du Canada à la Confrontation des 4 nations, en Floride y gagner une coupe Stanley.